6 juin 2009

L'accompagnement des personnes sans-papiers



*Photo : Vanillette (Paris, mai 2007 - Manifestation en faveur des sans-papiers)

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En tant que travailleur social, nous avons (ou aurons) l'occasion de travailler avec un public qui connaît des problématiques souvent transversales. En effet, notre métier n'est pas simplement le reflet des logiques de classe que la notion d'exclusion a tendance à nommer. Avec la massification des problématiques sociales, la précarisation des classes moyennes, la crise sociale et économique qui frappe aujourd'hui toute notre société, j'ose avancer le constat suivant : ce que l'on nommait auparavant "fracture sociale" qui consistait à considérer les inclus et les exclus (ceux qui étaient dedans et ceux qui ne l'étaient pas) a pu laisser place à une banalisation de la précarité et ce, dans tous les domaines de la vie. C'est pourquoi, à mon avis, l'accompagnement de personnes devient de plus en plus complexe et réunit des problématiques parfois cachées.
Je ne m'étendrais pas plus puisque cet article est destiné à mettre en avant le malaise actuel des personnes sans-papiers, personnes que l'on peut aujourd'hui rencontrer sans pour autant exercer notre métier dans ce domaine.

Nous assistons depuis quelques temps à un durcissement de la politique de l'immigration en France. Avec 25000 reconduites à la frontière par an prévues par le gouvernement, la montée du radicalisme en France, la crise économique comme un prétexte habile, les situations se dégradent et les droits ont souvent tendance à être bafoués.
Je ne ferais pas le détail des situations gravissimes et inacceptables (même si j'aimerais pouvoir le faire) mais je souhaiterais davantage mettre en avant la grande difficulté du travail social face à cette nouvelle logique qui se voudrait... de délation.
En effet, nous avons pu entendre ici et là les quelques travailleurs sociaux victimes d'avoir accompagné une personne... sans-papiers, accessoirement. Une assistante sociale l'année dernière, le centre Emmaüs de Marseille il y a peu, gardes à vue de travailleurs sociaux... la liste exhaustive est certainement longue.

Personnellement, il se peut que dans les publics accueillis, je sois un jour en face d'une personne sans-papiers. Vais-je lui demander ses papiers afin de vérifier s'il mérite de l'aide ? Vais-je devenir une éducatrice flic ?
Non.
Bien entendu, je pense que chacun d'entre nous qui sommes impliqués dans le travail social et dans les droits des êtres humains en général auront cette réponse : Non.
Et puis si la police demande à perquisitionner le lieu d'accueil, les autoriserais-je à fouiller dans les dossiers ? Protègerais-je ma situation professionnelle ou dénigrerais-je les méthodes répressives actuelles ?
Ces questions-là, nous pouvons nous les poser dès aujourd'hui parce qu'on pourra y être amenés.

La société change, se durcit et ce combat entre l'aide inconditionnelle et l'atteinte d'objectifs chiffrés de reconduites à la frontière ne fait commencer. Alors que faire ?
Je pose là la question au travailleur social qui lira peut-être cet article mais également aux citoyens que nous sommes tous. Je pense qu'il est important de distinguer notre place de professionnel de notre engagement personnel.
Certains choisiront de s'engager dans la dénonciation, la manifestation d'un mécontentement, la signature de pétitions... D'autres ne le choisiront pas et c'est leur choix.
Par contre, au niveau professionnel, il est important d'être au clair avec ce sujet. Les personnes sans-papiers ont des droits, les professionnels qui les accompagnent en ont aussi. Mais ont aussi des devoirs selon les situations rencontrées.

La première des confusions réside certainement dans la méconnaissance juridique des droits et devoirs de chacun face à la police ou aux éventuelles demandes que l'on pourrait nous adresser. C'est pourquoi je vous propose un vadémécum qui a été édité par la Fnars (Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale) et qui vise à informer les professionnels de l'attitude à adopter en cas d'intervention policière, et ce, en vertu des textes législatifs.
Je trouve cette initiative nécessaire et je souhaite que chaque personne qui se poserait des questions à ce sujet puisse y trouver des réponses. Parce que ce genre de situations, inhabituelles et certainement stressantes, pourrait nous amener à ne pas réagir comme il se doit. Et ce serait légitime...

Éducateur, ce métier impossible - vadémécum fnars accueil sans-papiers interventions policières
Cliquez sur l'image pour accéder au vademecum
J'en profite également pour vous transmettre un document que j'avais trouvé l'année dernière concernant la prise en charge médico-psycho-sociale des migrants ou étrangers en situation précaire. Ce guide est une mine d'informations pour celui ou celle qui s'intéresse au sujet. Sujet actuel et tout de même préoccupant, nous en conviendrons.

Éducateur, ce métier impossible - inpes comede guide prise en charge étranger en situation précaire

Cliquez sur l'image pour lire le guide

Ce guide a été publié par le Comede (Comité Médical pour les Exilés) et est disponible via le site de l'INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé).

Ces informations sont loin d'être exhaustives puisqu'un certain nombre d'associations se mobilisent pour les droits et le respect des personnes sans-papiers. C'est pourquoi cet article pourra être réactualisé si je découvrais d'autres éléments à vous faire partager. N'hésitez donc pas à y revenir ! N'hésitez pas non plus à laisser vos commentaires si vous avez des idées ou des sources à faire partager !

Pour aller plus loin...

Éducateur, ce métier impossible - site fnars fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale

Éducateur, ce métier impossible - site inpes institut national de prévention et d'éducation pour la santé
C'est à vous !
  1. Merci pour ces articles qui me sont précieux pour préparer le concours d'entrée à l'école d'éducateur spécialisé ;)

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  2. Coucou Sylvie,

    Tu prépares le concours d'entrée éduc spé ?? :) Super nouvelle ! Je te souhaite plein de courage et de belles découvertes également,

    A bientôt

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  3. En réalité je prépare et éduc spé et éduc PJJ et je verrai bien après ;)

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  4. Je suis en France depuis janvier avec mon visa de la Pologne arrive en France je fait une demande pour le titre de séjour enfin de trouve une formation pour étudier m'intégrer vraiment mais la préfecture d'Arras ma refuse que faire

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