16 août 2009

Récit d'un séjour adapté 1


Je vous propose aujourd'hui et dans les temps à venir de partager mon expérience en tant qu'animatrice de séjour adapté avec un public d'adultes déficients intellectuels. Pour ne pas écrire un article trop long, j'en éditerais plusieurs pour traiter des sujets qui ont pu me toucher ou me faire réfléchir. Pour commencer, je parlerais aujourd'hui de l'organisation d'un séjour adapté, du cadre dans lequel j'ai pu exercer ma mission, etc...
Inutile de préciser que les prénoms seront tous modifiés. Trop tard... Je le précise quand même.

J'ai donc exercé un poste d'animatrice durant quinze jours dans un joli coin de la Vendée pour un séjour qui avait pour thème "La ferme pédagogique".

Le public
Nous avons accueilli un groupe de 21 vacanciers de moyenne et bonne autonomie venant de tous les coins de la France. Par déficience intellectuelle, l'association entend aussi "psychose infantile", "psychose paranoïaque", "déficience visuelle"... nous avons donc pu côtoyer des personnes différentes et ayant chacune leurs particularités et leurs besoins.
Les personnes avaient pour la plupart entre 40 et 60 ans, sauf exception pour une jeune de 21 ans qui avait l'habitude des séjours adaptés.
Certains étaient sous traitement médical, certains avaient besoin d'un accompagnement partiel pour la toilette, d'autres étaient largement autonomes.

L'équipe
Pour assurer l'encadrement des 21 vacanciers sur la structure d'hébergement, nous étions trois animatrices et un responsable de séjour. Pour nous, animatrices, c'était notre première expérience auprès de ce public et dans ce type d'accompagnement ponctuel. Je pense qu'il est important de le préciser puisque même si je suis en formation d'éducatrice spécialisée, il s'agissait pour moi de considérer mon approche dans sa dimension ponctuelle et non pas de me projeter en tant que future éducatrice.
Maëlis, 18 ans, était une jeune fille plutôt joviale, étudiante en art et possédant le BAFA. Sa première expérience en colonie de vacances avec un public d'enfants a été d'une grande aide puisqu'elle a su mettre en place certaines activités et les adapter aux adultes que l'on accueillait.
Yasmina, 20 ans, étudiante en droit a été une personne qui m'a beaucoup apporté pendant ce séjour. En effet, pour la première fois de ma vie, j'ai aimé bosser en équipe, partager ma pratique et mes réflexions. Yasmina vivait elle aussi sa première expérience mais soyons-en certains, l'éthique ne s'apprend pas à l'école ; on l'a ou on l'a pas ! Cette jeune fille avait de vraies valeurs humanistes comme j'aime à les proclamer parfois et j'ai vraiment pris du plaisir à travailler avec une personne à l'écoute des personnes, soucieuse du bien-être de chacun, sachant individualiser son approche... Je me suis dit qu'il faudrait davantage de travailleurs sociaux comme elle ! Cette expérience l'aura t-elle convaincu ?
Autant dire que nous trois animatrices étions plutôt complémentaires et c'est une bonne chose lorsque c'est le cas !
Enfin, nous avions un responsable de séjour, Nicolas. Et c'est là que ça se gâte. Circonstances atténuantes tout de même, celui-ci fut embauché trois jours avant le début du séjour suite au désistement du vrai directeur, sans formation préalable et avec un engouement qui se voulait certainement convaincant de la part de la direction. Ainsi, ce ne fut pas de tout repos entre nous.
Pour résumer, je ne suis pas vraiment capable de connaître aujourd'hui le rôle d'un responsable de séjour puisque nous étions très souvent que trois animatrices pour gérer et animer le séjour. Nicolas était un jeune homme plutôt macho (le caca-pipi, c'était pour nous !), assez égoïste (du genre à choisir des activités qui lui conviennent, au détriment du thème premier du séjour), plutôt absent (en raison de siestes répétitives) et finalement pas très éthiquement correct (moqueries envers certains vacanciers)... Je ferais certainement un article prochainement pour décrire l'ensemble des désagréments qui furent les notres pendant ces quinze jours tumultueux.

Cela dit, rien n'a empêché notre implication à nous, animatrices, et je crois que nous avons pu faire au mieux pour ces vacanciers en quête de repos, de découvertes, d'échanges, de respect...

Le rôle de l'équipe d'animation
Au-delà de l'aspect contractuel de mon embauche, j'ai vite compris que notre rôle résidait dans une présence quotidienne auprès des vacanciers.
D'abord, il nous fallait être présentes pendant les activités prévues par le planning et en assurer ainsi le transport, la sécurité, vérifier les détails tels que les traitements, les crèmes solaires, les casquettes, le ravitaillement... Tout ce genre de choses qui évitent bien des désagréments...
Nous partagions aussi les activités avec les vacanciers ; en effet, j'ai par exemple utilisé des jumelles pour la première fois de ma vie avec eux, il s'agissait donc bien d'un partage des découvertes.
Ensuite, nous étions très présentes au quotidien : toilettes, lever, coucher, animation des temps calmes, discussions, tentatives de réponses à des besoins clairement exprimés... ou non, prise des médicaments, etc... C'est dans ces espaces de hasard, si j'ose dire, qu'a pu se mettre en place une relation éducative entre animatrice et vacanciers. Il faut savoir que nous étions tous référents d'un certain nombre de personnes. La référence consistait en l'aide quotidienne, la gestion de l'argent de poche ou encore le suivi médical ou des dossiers. J'ai donc, pour la première fois, effectué des toilettes... j'en parlerais aussi plus tard.
Bien entendu, les échanges n'étaient pas exclusifs aux réferent-vacanciers et c'est ainsi que nous avons pu par exemple découvrir Barnabé, dont Nicolas était référent, cet autonome automate à qui je réserve un article très prochainement.
Pour résumer, on peut dire que notre rôle principal et visible était de proposer des activités, veillées ou autres à tous les moments du séjour sans forcément obliger les vacanciers à y adhérer. En effet, il ne faut pas oublier que nous étions en présence d'adultes et que ce sont eux qui étaient en vacances. A eux de choisir, donc...

L'organisation du séjour
Dès notre arrivée, nous avons tous été plus ou moins déçus. Chacun d'entre nous, animateur ou vacanciers, avions cru être hébergés dans une ferme et bénéficier d'un quotidien exclusif auprès de poules ou autres canetons. Ce ne fut pas le cas. En fait, nous étions hébergés en centre de vacances fait de béton et de ciment (je ne saurais m'exprimer davantage au sujet de la maçonnerie, voyez-m'en désolée) à 8km de la ferme en question.
Autre surprise de mauvais goût : l'association n'avait pas réservé auprès de ladite ferme. Ainsi, les premiers jours, en plus des angoisses habituelles du changement, furent marqués par un mécontentement général.
Nous avons fait au mieux en proposant d'autres activités mais encore une fois, déficient intellectuel ne signifiant pas abruti, les vacanciers réclamaient légitimement ce pourquoi ils étaient venus.
Une fois ces désagréments réglés (et le chef de secteur venu mettre de l'ordre au sein de nos relations avec le responsable de séjour), nous avons pu avoir un planning correct. Finalement, le groupe a été partagé en trois et chaque groupe a pu aller visiter la ferme pédagogique et y apprendre des choses passionnantes, observer les oiseaux à l'aide de jumelles, aller au zoo, se promener en ville ou encore participer à des activités manuelles sur le lieu de l'hébergement.

Mon mot de la fin
J'ai vécu une super expérience et je recommencerais. Pas avec cette association, mais je recommencerais je l'espère, et je le conseille à tous ceux qui seraient tentés par l'expérience.
Pourquoi pas avec cette association ? Parce que simplement, j'ai eu l'impression d'assister à de la publicité mensongère... en effet, les vacanciers ont du plus souvent aller à la plage que dans les lieux qui entreraient dans la catégorie "ferme pédagogique". Aussi parce que j'ai eu souvent l'impression qu'on se moquait de moi mais je passerais les détails pour aujourd'hui.
Je vais plutôt m'atteler à vous faire part de mon expérience en tant que telle.

Bientôt, un article intitulé "L'autonome automate" sera publié dans cette même catégorie. A suivre, donc...
C'est à vous !
  1. Je travaille en Foyer d'hébergement et est-il possible de citer le nom de cet organisme de vacance ?
    En effet, souvent il est vendu du rêve sur les prospectus qu'ils recoivent et les personnes ressortent souvent déçu de leurs séjours ... et notamment avec un certain organisme qui propose à la base beaucoup de séjours qui ont l'air sympathique ... (étranger, etc ...).

    Cordialement,

    Maud

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    Réponses
    1. Bonjour, le citer ici non je ne pense pas (à la fois pour les vacancier.e.s dont les histoires sont racontées ici mais aussi pour les professionnel.le.s cité.e.s) mais on peut en parler par mail : carpaye.celia@gmail.com
      Bonne journée

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