27 novembre 2009

La voix de Pablo pour un message d'espoir


Aujourd'hui, je vous propose le témoignage de Pablo, un jeune homme de 28 ans, qui a accepté de nous faire part de son expérience, en partie ponctuée par des comportements addictifs. Cette démarche nouvelle se veut être une invitation à la parole ; en effet, il me paraît important de recueillir les avis des personnes concernées avant ceux des professionnels.
Je tiens à remercier Pablo pour sa confiance et pour la franchise dont il a su faire preuve lors de cet entretien.

Bonjour. Pourrais-tu te présenter et résumer brièvement ton parcours ?
Pablo, 28 ans toxicomane, alcoolique abstinent et plutôt très bien inséré en société.
Contrairement à d’autres, je n’ai pas grandi dans un milieu défavorisé. Mes parents avaient suffisamment d’argent pour vivre correctement, j’ai eu accès à la culture, j’ai fait des études, je fais un métier qui me plait et je gagne correctement ma vie.
J’ai rencontré l’alcool et la drogue vers 15-16 ans. Mon parcours se résume ainsi :

3 ans de polytoxicomanie avec une nette préférence pour l’héroïne.

Une dépression assez grave m’a amené vers des médecins, des psy etc… On m’a alors proposé du Subutex [Pour plus d'infos à ce sujet, cliquez ici] pour me stabiliser au niveau des opiacés et ainsi me permettre de focaliser toute mon énergie sur un changement radical de mode de vie. J’ai ainsi changé de ville, coupé les liens avec mes contacts (dealer, amis toxico etc.), entamé une psychothérapie, un traitement de substitution…
Même si j’avais changé mes mauvaises habitudes, le vice est rapidement revenu. Au bout de 6 mois, j’ai commencé à détourner le Subutex de son usage classique car j’avais besoin d’en ressentir son effet. A la base, le subutex se prend sous la langue. L’effet du médicament est diffus, il est impossible de ressentir un effet rapide en utilisation sublinguale. On détourne donc le mode d’administration du médicament afin d’obtenir un effet plus rapide répondant à une envie ponctuelle. J’ai ainsi repris les habitudes toxicomaniaques.

Je suis resté cinq ans entre deux eaux avec du Subutex en arrière-plan mais pas vraiment un déclic pour arrêter la défonce et le mode de vie qui va avec (fêtes entre amis, bar etc..). Durant ces 5 ans il y a eu des phases d’excès, des phases plus calmes mais j’avais toujours cette soif de produit quel qu’il soit.

A la suite d’une rupture sentimentale (très largement provoquée par mon alcoolisme), j’ai petit à petit sombré un peu plus dans l’excès de médicaments et d’alcool. J’ai ensuite fait une pancréatite aigüe, ce qui m’a conduit à l’hôpital pour une cure forcée. A ma sortie, j’ai fait une petite rechute (alcool) avant de retourner à l’hôpital puis de commencer réellement ma période d’abstinence alcoolique. J’ai malheureusement compensé le manque d’alcool par des médicaments (surtout des benzodiazépines) couplés à une utilisation complètement toxicomaniaque du Subutex. Cela m’a conduit à arrêter ce médicament pour commencer un traitement de méthadone sur les conseils d’un médecin.
Cela fait maintenant 3 ans que j’ai commencé la méthadone et c’est une très belle réussite. C’est à partir de là que j’ai réellement commencé un travail sur moi-même pour changer mes habitudes. Aujourd’hui je suis parfaitement stabilisé. L’alcool est encore un vrai souci pour moi car j’y suis régulièrement confronté. J’ai encore beaucoup de mal à accepter que je ne pourrais plus jamais boire comme tout le monde, c'est-à-dire un peu de temps en temps… Pour le reste, je n’ai pas vraiment l’envie de reprendre de drogue et je ne suis d’ailleurs plus tenté de le faire car j’ai complètement changé de vie. Mon mode de vie c’est plutôt : vie de couple, travail, projets perso… Cela ne me dit vraiment plus rien de remettre les pieds en teuf ou en soirée « drogue ».

Comment expliques-tu les mécanismes enclenchés par l’héroïne ?
Les mécanismes sont très complexes et je pense que chaque toxicomane est un cas à part entière. J’ai goûté de nombreux produits et ma drogue préférée était sans hésitation l’héroïne. La première fois que j’en ai gouté c’était pour « voir », pour ressentir l’effet de cette drogue, de « LA » drogue. J’ai été très déçu car je n’ai pas réellement compris les effets la première fois. J’étais comme dans du coton alors que je m’attendais à quelque chose d’incroyablement puissant. J’ai donc voulu en reprendre dès que j’en ai eu l’occasion afin de ressentir réellement les effets de cette drogue (ceux que l’on a l’habitude de voir à la télévision). Le mécanisme s’est enclenché à ce moment précis. A chaque nouvelle prise, j’avais l’impression de mieux cerner l’effet sur mon cerveau. Et plus j’en prenais, plus j’en appréciais les effets. J’avais l’impression de « maîtriser » l’effet de la drogue. Je savais bien que c’était risqué en terme de dépendance mais ne voyant rien venir me concernant (je pouvais tout à fait en prendre de temps en temps sans ressentir de manque), j’ai continué sur mon chemin sans voir qu’il était déjà tout tracé.
Petit à petit, je me suis focalisé sur l’héroïne plutôt que sur les autres produits car j’avais l’impression d’avoir trouvé « MA » drogue, celle dont l’effet me convenait parfaitement.

Plus les mois passaient et plus je me focalisais sur cette poudre marron. Mes soirées avaient changé. Je n’allais plus dans les soirées classiques mais je restais avec les amis avec qui nous partagions le goût pour ce produit. Il n’était pas rare de passer des heures chacun contre un pan de mur dans une pièce (sombre de préférence pour éviter le mal aux yeux et s’y sentir « mieux »), à ne plus vraiment parler, à dormir à moitié, comblés par la drogue. Je pense que nous avons plusieurs fois frôlé les overdoses sans jamais qu’il n’y ait eu d’accident grave...
Les quelques amis non accros à l’héroïne ayant partagé ces moments n’ont plus voulu y assister car ils trouvaient ça trop pathétique. Aucun intérêt pour quelqu’un qui ne partage pas le même attrait pour cette drogue.
Ensuite est venue la phase où j’avais bel et bien « compris » l’effet de la drogue mais où je n’arrivais plus vraiment à obtenir l’effet du « début ». J’ai donc commencé à augmenter les doses pour ressentir les sensations du début. Arrivé à ce stade, je dirais que c’était déjà assez mal parti pour faire marche arrière puisque mon corps s’était déjà habitué au produit.

Bien qu’étant une drogue « bon marché », financer une consommation régulière d’héroïne coûte cher. Il devient donc rapidement obligatoire de trouver des solutions de financement, ce qui a été mon cas.
Je précise qu’arrivé à un certain moment, il n’est plus possible d’obtenir l’effet initial, même en augmentant les doses. Plus le temps passe et plus on s’habitue, plus il faut augmenter les quantités pour obtenir un effet qui diminue sans cesse. La balance finit par s’inverser. Il faut prendre de la drogue pour arriver à un état « normal ». Sans drogue, on est malade. A ce stade de consommation, le temps de la drogue festive est déjà loin.

J’ai alors connu mes premiers états de manque lié au sevrage d’héroïne. Mal au dos, mal au ventre, nausées, crampes, sueurs froides, fièvre, frissons, etc… En plus des maux « physiques » il faut ajouter le mal « psychologique ». C’est comme une grosse grosse dépression qui vous tombe dessus. On a envie de rien, on a même pas envie d’avoir envie, c’est vraiment terrible. Le sevrage physique est très difficile et dure quelques jours mais combler la dépendance psychologique est une autre histoire. Cela se compte en années, c’est vraiment long.

En général, les personnes dépendantes à l’héroïne connaissent beaucoup de rechutes. Comment expliques-tu cela ?
Les psy et médecins n’ont pas cessé de me dire que la rechute fait partie du processus de guérison. Je ne peux pas vraiment l’expliquer mais je l’ai moi-même constaté. Il faut du temps pour comprendre ce mécanisme. Au début, on a l’impression d’être plus fort que la drogue et que la volonté seule suffira à vaincre notre toxicomanie. Notre vision est bornée, on envisage les choses à court terme...
Pour ma part, cela a été une erreur de penser cela et j’ai d’ailleurs échoué à de nombreuses reprises. Contrairement à une idée répandue, ce n’était pas un problème de volonté, d’envie, de motivation ou je ne sais quoi.
Je pense qu’il n’y a pas un toxicomane qui n’ait pas l’envie et la volonté d’arrêter. Personne ne peut se satisfaire d’une situation de dépendance à la drogue.
Le principal problème, c’est que la perte de volonté est l’une des caractéristiques du manque. On comprend donc rapidement qu’il est très difficile (voir impossible) de décrocher des opiacés sans aide extérieure.
On peut être très motivé pour arrêter et en ressentir réellement l’envie lorsqu’on est sous l’effet du produit mais cette motivation a tendance à voler en éclat dès les premières heures du manque et de ses effets. Dès lors, on ne pense qu’à une chose, se remplir coûte que coûte et envisager un arrêt « plus tard », une fois qu’on sera un peu mieux.
Ce n’est qu’après plusieurs rechutes qu’on comprend ce mécanisme et qu’on devient plus humble. On commence alors à comprendre que pour sortir de là, il faut réfléchir sur le « long terme ». Rien ne sert de courir plus vite que les autres, le tout c’est de savoir être endurant. Perdre des habitudes, c’est très long, surtout lorsqu’il s’agit de dépendance à un produit. Il faut envisager l’arrêt sur des années plutôt que sur des mois.

On se rend compte que la société évolue au travers des différentes pathologies. Par exemple, l’alcoolisme est aujourd’hui de plus en plus considéré comme une maladie. Concernant la toxicomanie, il me semble que les clichés ont la vie dure et que nous avons du chemin à faire. Question faussement naïve : n’est-ce pas une maladie ? Que peux-tu dire à ce sujet ?

Effectivement pour ma part, c’est très clair, je considère la toxicomanie comme une véritable « maladie », au même titre que l’alcoolisme, l’anorexie et autres…
Je crois que ce qui pose problème, c’est l’image que l’on se fait de la toxicomanie. Pour la majorité des gens, qui dit « toxicomane » dit forcément quelqu’un qui se plait à être dans cette situation, « voleur, menteur, sdf, sida, seringue etc… ». Il y a vraiment une « éducation » à faire, il faut informer sur ce qu’est la toxicomanie. Je pense par exemple au manque de formation du personnel hospitalier des urgences. Perte d’ordonnance, pharmacie fermée, il arrive parfois de devoir aller aux urgences pour se procurer de la méthadone pour ne pas être malade et pouvoir continuer à vivre en attendant de régulariser la situation. Dès lors qu’on emploie le mot « méthadone », le personnel change rapidement de ton. Les toxicomanes sont systématiquement stigmatisés, peu importe qui ils sont, d’où ils viennent et quelle est leur histoire. C’est comme si on était toxicomane avant d’être humain. Je pense qu’il faut vraiment communiquer autour de ça et éviter à tout prix les campagnes de sensibilisation complètement extrémistes où, pour faire peur aux jeunes, on préfère amplifier la situation.
Personnellement, toutes ces campagnes ont eu précisément l’effet inverse sur moi. Dès mes premières prises de drogue, j’ai réalisé que ce que je voyais à la télé était faux et complètement amplifié. J’ai alors voulu tester par moi-même et j’ai arrêté d’écouter le discours officiel.

Tu es donc sous traitement de substitution. En quoi cela consiste t-il ?
On m’a passé sous méthadone pour éviter le mauvais usage du Subutex. Le passage à la méthadone a été vraiment bénéfique pour moi. Ce n’est qu’à partir de ce moment que j’ai pu me stabiliser petit à petit et oublier l’effet du traitement. J’ai ainsi réussi à perdre toutes mes mauvaises habitudes avec le temps, mes réflexes toxicomaniaques de type stimuli>réponse (j’ai pas la pêche > je prend un produit pour me remonter le moral) et reprendre ainsi un mode de vie complètement normal. Cela me permet de vivre comme tout le monde et de baisser petit à petit les doses pour en être définitivement détaché.
Depuis environ un an, on m’a proposé un traitement à la méthadone gélule. Cela a également été un vrai bénéfice pour moi. Il faut dire qu’à la base, la méthadone est un sirop très sucré, très épais. La méthadone sirop a l’inconvénient d’être très encombrant (on ressort de la pharmacie avec de nombreux flacons), pas vraiment agréable à boire dès le matin, et difficile à doser précisément en cas de diminution. La méthadone gélule, c’est tout le contraire. De plus, pour moi qui suis abstinent sur l’alcool, la méthadone sirop a été sans que je ne m’en rende compte un vrai supplice chinois puisque la faible dose d’alcool que contiennent les flacons suffisait à me donner envie de boire. J’étais donc en lutte permanente pour ne pas craquer et reboire un verre d’alcool. Lorsque je suis passé aux gélules, cela a complètement disparu à ma plus grande surprise. Ce n’est qu’après plusieurs mois qu’un médecin m’a expliqué qu’il était possible que la faible dose contenue dans le sirop suffise à mettre mes récepteurs en alerte et donc me donne envie.
Bref, pour toutes ces raisons, la méthadone gélule a vraiment changé beaucoup de choses pour moi.

Peux-tu considérer que tu es sorti d’affaire aujourd’hui ?
Je ne dirai pas ça même si j’ai réussi à complètement m’insérer en société et que j’ai perdu mes comportements de toxicomane. Cela dit, le fait d’aller chez le médecin et à la pharmacie tous les 15 jours pour aller chercher ma méthadone me rappelle bien que je suis encore malade. J’ai encore ce boulet accroché à la jambe et cela risque de durer encore plusieurs années car le processus de diminution est très long. Il me faut personnellement presque deux mois pour me stabiliser sur une dose de méthadone. Chaque palier de diminution est une petite victoire mais aussi une épreuve puisque je ressens un vide en moi. Je perds ainsi mon tonus, ma créativité et ma motivation pendant plusieurs jours. Pour le moment, cela a été compatible avec mon travail et je n’ai jamais eu de réflexions à ce sujet mais plus les doses diminuent, plus ce sera difficile.
Concernant mon appétence aux drogues et à l’alcool, j’aurais toujours le petit démon, le vice en moi et cela jusqu’à la fin de mes jours. Je pense qu’il y a quand même une petite part biologique dans tout ça. Tant que tout se passe bien dans ma vie, je suis globalement à l’abri. J’ai même réussi à surmonter de grosses épreuves sans pour autant retoucher à la drogue. J’ai eu plusieurs fois la possibilité de me procurer de la drogue mais je ne l’ai pas fait. Avec le temps, j’ai appris à gérer ce type de situations et aujourd’hui cela ne me pose plus vraiment de problème. Cela dit, je garde une petite nostalgie pour le début de cette époque « Sex drugs n rock’nroll » car je me suis vraiment amusé. Ce qui est difficile, c’est de retrouver dans la vie de tous les jours des choses qui arrivent à vous combler. On y arrive petit à petit mais cela prend des années. Mon seul véritable regret est d’avoir abusé de l’alcool et de ne plus pouvoir en reboire comme tout le monde.

Pour revenir sur ton parcours, quels types de professionnels as-tu rencontré ?
Au tout début, j’ai rencontré un médecin spécialiste des toxicomanies. Il a mis en place un traitement de substitution (subutex) et m'a orienté vers une psychothérapeute. J’ai ainsi fréquenté en parallèle médecin/psy pendant plusieurs mois. Ensuite, j’ai changé de ville et j’ai fréquenté différents CSST (Centre de Soins Spécialisés pour Toxicomanes), SEDAP conseillés par un médecin (lui aussi spécialisé) pour y trouver une écoute. Les CSST peuvent être de bons endroits pour être écouté et surtout entendu. Les professionnels qui y travaillent sont de vrais spécialistes et sont réellement compétents (pour ceux que j’ai pu voir). Cela dit, la proximité avec d’autres toxicomanes est à double tranchant. D’un côté, on se sent moins seul, de l’autre on reste dans ce même environnement. Parfois, j’ai même vu des propositions de deal dans les salles d’attentes. Dans certains CSST, il est interdit de discuter de produits, dans d’autres une personne de l’équipe reste constamment avec les patients pour ne pas que cela dérive, j’ai aussi entendu parler de centres où les patients ne se croisent jamais. Lorsqu’une personne rentre, une autre sort. J’ai aussi fréquenté des centres méthadones (plus récemment) pour aller chercher mon traitement. On y rencontre médecins et éducateurs.
Le point commun de tous ces endroits c’est l’écoute et le professionnalisme des interlocuteurs.

Qu’attendais-tu des professionnels qui t’ont accueilli ?
J’attendais d’être coaché pour pouvoir m’en sortir. J’ai longtemps fréquenté des psy et cela m’a vraiment permis d’évoluer. J’ai toujours été en quête de moi-même, à la recherche du bonheur et surtout des causes ayant provoqué ma dépendance et mon comportement excessif. J’ai pu trouver dans ces endroits des professionnels qui savaient de quoi ils parlaient et qui pouvaient donc comprendre ce que je vivais et ce à quoi j’aspirais. J’ai très vite compris que les psy ne m’apporteraient pas de solutions toutes faites. Tous ces professionnels ne sont là que pour nous aiguiller. Ils nous apportent un point de vue extérieur, le point de vue qu’il nous manque lorsqu’on a la tête dans le guidon. Toutes les solutions étaient en moi mais j’étais incapable de les voir puisque j’avais le cerveau bien trop embrumé. Tous ces gens m’ont aidé à y voir plus clair, ils m’ont indiqué vers où aller mais c’est moi qui ai fait la randonnée. Aujourd’hui je suis convaincu que sans toutes ces aides extérieures, je ne serai pas arrivé là où je suis aujourd’hui.

As-tu rencontré des éducateurs ? Quel rôle ont-ils joué dans ton parcours ?
Très peu à ce que je sache. Les seuls éducateurs spécialisés que j’ai rencontré et qui se sont présentés comme tels étaient en centre méthadone. Ils étaient là pour nous accueillir et pour discuter un peu en attendant les médecins ou psy. Ils avaient un rôle assez neutre, plutôt proche de nous. On pouvait parler de tout et de rien, pas forcément de nos problèmes. Ça rigolait d’ailleurs pas mal, c’était une relation presque amicale, tout sauf moralisatrice.

Souhaiterais-tu rajouter quelque chose ?
Hummm… ben, toutes ces questions étaient bien intéressantes. J’espère simplement ne pas avoir été trop long. C’est vraiment super difficile de faire court lorsqu’il s’agit de parler de son parcours. Je voudrais simplement dire que mon cas est vraiment particulier et qu’il ne peut constituer un « exemple » en matière de toxicomanie. C’est simplement le témoignage d’un parcours parmi d’autres.
Je crois que si j’ai pu m’en sortir plutôt bien, c’est aussi parce que j’avais derrière moi une famille présente, des gens qui m’aimaient, des amis, je ne manquais pas d’argent, bref je n’étais pas dans la misère. Sans toutes ces attaches, je pense qu’il aurait été déjà bien plus difficile de m’en sortir sans trop de séquelles. Je n’ai finalement pas tant de mérite que cela même si j’ai donné beaucoup d’énergie pour changer le cap de ma vie.

Globalement, opter pour ce chemin, c’est prendre le risque de s’y perdre. C’est effectivement l’opportunité de vivre des choses incroyables, de ressentir des émotions impossibles à imaginer sans drogues, mais cela ne dure qu’un temps. Si on ne s’arrête pas à temps, les choses changent et tout devient moins fun. Le problème, c’est que la limite entre les deux mondes est tellement floue qu’on la franchit souvent sans même s’en rendre compte. Lorsqu’on comprend qu’on est en difficulté, c’est souvent déjà un peu tard, le mal est fait et ce sont des mois, des années de lutte qui s’en suivront…
Pour ma part je me suis réellement amusé pendant trois ans avec les drogues, et cela fait presque dix ans que je suis sous traitement de substitution avec en prime une épée de Damoclès au dessus de la tête si je rebois un verre d’alcool. C’est assez cher payé finalement…
C'est à vous !

Vous avez un avis ? Partagez le !