10 janvier 2010

On f'ra pas la révolution avec mon égoïsme


La mort me donne envie de sucer mon pouce et d’acheter des chaussures qui brillent.
Et si ma robe de princesse ne plait pas aux riverains innocents, je me mettrais à pleurer sur un trottoir mouillé.
Je taperais des pieds et gerberais ma peine sur la chaussée.
Je mettrais des marguerites à mes cheveux et demanderais aux passants s’ils me trouvent belle.
Je chanterais à tue-tête avec des écouteurs qui font chanter faux.
Peut-être que les inconnus riront alors de mon affreux refrain.

Je ferais des trous dans mes poches pour semer les plaisantins.
Et des trous dans mes pulls pour y mettre mon pouce.
Je courrai comme une dératée en croyant que je suis un clown des rues.
Je ferais la Révolution avec des serpentins, je chanterai en rébus ou en charades, parlerai la langue de feu.
Je lancerai des billes sous les roues des voitures et je vomirais de rire.

La mort me donne des envies de caprices.
Demain je me coucherai sur l’autoroute et refuserais de suivre tous ces adultes qui ont peur de la mort.
Il faudra me traîner jusqu’au pays du soleil.
Mais les automobilistes riront de tous leurs zygomatiques parce qu’ils auront vu mes grosses chaussettes jaunes à fleurs et ma culotte sur laquelle j’aurais peint « Vive la révolution de Peter Pan ».

Les adultes riront.
Et moi je pleurerais à chaudes larmes.
Je lècherais mes joues pour croire que la peine est un jeu.
Je crierai à l’intérieur pour croire que c’était pas vrai tout ça.
Moi et ma peine au bord des yeux, on sautera à pieds joints dans les flaques du Père Lachaise.
Moi et mon cœur en morceaux, on s’en ira créer pour pas mourir.
C'est à vous !

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