18 décembre 2011

La voix de Lana (et la mienne) sur la pair-aidance


Lana est en colère. Moi aussi, je le suis. 
Ce mois-ci, ce sera donc un article à double voix. Une écriture à deux mains. 

Il y a quelques jours, je suis tombée sur cet article qui remettait en cause un programme expérimental qui va être mené à Marseille, consistant à proposer une formation à des personnes stabilisées ayant le vécu de la maladie psychotique pour intégrer des équipes soignantes et apporter une complémentarité à l'accompagnement des personnes hospitalisées/en crise, etc...
Rien de nouveau sous les tropiques, si ce n'est le volet "formation" qui a pour objectif, me semble t-il, de permettre à ces personnes d'être reconnues professionnellement pour leurs compétences mais aussi de mettre à plat leurs questionnements, compléter leur savoir... en d'autres termes de passer de l'aptitude à la compétence (un peu comme nous, éducateurs en formation...).
Pour le reste, la pair-aidance, c'est pas complètement nouveau même si ça tend à se démocratiser (et tant mieux, dirais-je). Ici ou ailleurs, des initiatives naissent, libérant ainsi une parole longtemps opprimée... celle des personnes concernées. Le postulat étant que face à la maladie psychotique, les personnes ayant eu cette expérience ont développé des compétences et un savoir expérientiel ; des stratégies, une connaissance du réseau d'entraide en psychiatrie, une connaissance théorique par la nécessité de comprendre leur maladie, etc...
Notre société (toute normée qu'elle est, oserais-je dire), ne porte pas ce regard positiviste sur l'autre (et on retrouve ça dans le handicap, chez les jeunes dits "difficiles", chez les chômeurs etc...) et nous-mêmes, éducateurs spécialisés/soignants, avons tous eu tendance, à un moment donné, à voir l'autre sous l'angle de sa difficulté. N'est-ce pas là notre raison d'exister professionnellement ? S'il n'y a pas déficience/incapacité/difficultés/déviance, quelle est  donc notre légitimité ?

Vous aurez compris, je défends un regard plus positif sur l'autre, valable dans tous les secteurs d'intervention, la psychiatrie n'étant qu'un exemple. J'ai moi-même, comme vous avez pu le comprendre ici ou ailleurs (et comme j'en parle sur mon mémoire publié ici), expérimenté à la fois le travail auprès de personnes psychotiques vivant à la rue ou dans des conditions précaires, et à la fois avec des collègues diplômés et d'autres qu'on peut appeler "médiateurs de santé", "travailleurs pairs", "pairs aidants" ; des personnes embauchées pour leurs compétences expérientielles.
Comme dans toutes les équipes, et notamment dans le travail social, on retrouve des problématiques interactionnelles (le Journal d’Étude Clinique expliquant cela, n'est-ce pas, étudiants éducateurs ?). Je ne vais pas développer ici, ça risquerait de prendre 10 pages, mais en situation de "crise" (au sens de changement ; on pensera à la crise actuelle économique, à la crise d'adolescence, à la crise existentielle...)... En situation de crise, disais-je donc, que se passe-t-il ?
On se replie souvent vers des comportements de maintien identitaire, certainement par peur de se perdre soi-même, de perdre ses acquis, son pouvoir, (son salaire ?), sa place, la reconnaissance durement acquise de son travail etc... Ça n'est pas seulement dans le travail social/la psychiatrie... Il n'y a qu'à regarder la télévision en ce moment pour constater que face à la conjoncture actuelle, il y a ce réflexe sociologique qui consiste à vouloir sacrifier ceux qui sont les plus éloignés de nous pour conserver sa place (l'étranger détient la palme d'or en ce domaine) et, par la même occasion, à se rapprocher des extrêmes. Maintien identitaire, vous dis-je. France conservatrice ?
On retrouve aussi cela dans les équipes pluridisciplinaires ; en IME (Institut Médico-Éducatif), en MECS (Maison d'Enfants à Caractère Social) etc, etc... Parce que l'éducateur spécialisé, il trouve qu'il est pas assez reconnu par rapport au psychomoteur, qui lui-même trouve que le psychologue prend un peu trop de place dans l'institution, qui lui-même se demande ce que foutent font ces assistantes sociales qui trouvent pas d'appart pour les familles en détresse. Bref, nous connaissons ça, la société va mal, l'institution (microcosme sociétal) va mal aussi, et... mécanisme de défense oblige pour maintenir son intégrité, c'est la faute de l'autre !
C'est vulgairement dit tout ça, mais je pense que ça vous parlera, vous qui avez expérimenté les équipes pluridisciplinaires (ou qui avez un JEC à rendre cette année). En psychiatrie, pour revenir sur notre sujet tout de même, les équipes sont à la base uniquement médicales ; médecins, infirmier-e-s, aides-soignant-e-s (en oublie-je ?)... allez, on trouve souvent un-e assistant-e de service social, parce que quand même, les demandes de RSA, de CMU, la sécu tout ça... rien à voir avec la médecine, et avec les temps qui courent, la crise n'en épargne plus beaucoup !
Quand un éducateur spécialisé est (ô, si rarement) intégré dans une équipe de psychiatrie, je ne vous cache pas que ça reste compliqué : déjà parce qu'un éduc, on sait pas vraiment ce que c'est (ah ? celui qui fait de la peinture avec les fous ? ok, oui je vois...) et en plus parce que l'intégration d'un "nouveau" métier dans des équipes médicales crée une "crise" (un changement) qui ébranle les certitudes identitaires (comment se permet-il, lui qui fait de la peinture avec les fous, de parler de "psychose" ? Sait-il seulement de quoi il parle ?). Bon l'éduc, il s'en fout parce qu'il est fort et formé, il a rendu un JEC en 3ème année, les dynamiques d'équipe, il en connaît un rayon, il serre les fesses et il y va pour mettre en place des techniques de persuasion trouver sa place, doucement mais sûrement ("vous en savez des choses, vous les médecins hein..."), dans cette équipe dans laquelle la hiérarchie réelle et symbolique fait rage.
Mais alors le fou... même combat en 1000 fois pire ! On lira dans l'article de Lana, plus bas, des propos issus d'articles de presse qui témoignent de la violence que peut provoquer l'idée selon laquelle une personne ayant connu la maladie à un moment donné de sa vie puisse intégrer une équipe soignante et donc... 
- modifier le cours tranquille des équipes soignantes ;
- donc amener du changement, de la "crise" ;
- donc faire perdre le pouvoir à ces éminents professionnels de la médecine,
- etc... (voir plus haut)
Je ne vais pas m'étaler sur tout ce que j'en pense car Lana le fait très bien et je la rejoins, mais je complèterai en revenant sur les éducateurs spécialisés, puisque tel est l'objet du blog n'est-ce pas. Si on se pose 2 min, alangui et rêveur, au fond de la salle, dans une promo d'éducateur, qui peut-on y trouver ? Pleins de pairs ! Allez, pour faire très généraliste, prenons un exemple au hasard (toute ressemblance avec la réalité ne sera que fortuite et pur hasard) :
- un diabétique ;
- une mal-voyante ;
- une ancienne toxicomane ;
- un dépressif rétabli ;
- une ancienne de la Ddass ;
- une ancienne prostituée...
La nature humaine, on le sait, est complexe. Je ne sais pas de qui/quoi sont composées les promos des soignants, je ne connais pas bien ce domaine mais cet exemple chez les éducateurs peut valoir ailleurs je pense. Nous n'arrivons pas dans un secteur d'intervention par hasard. Certain-e-s choisissent parfois de s'éloigner du secteur qui les ramène trop à leurs propres démons / d'autres, "rétablis", ayant fait un gros travail, choisissent au contraire d'exploiter leurs compétences ; arrêtons de dire/penser que notre présence en folie, en handicap, en pauvreté, en enfance qui va mal est inconditionnelle. Assumons aussi cette partie "humaine" (et pour cela très complexe) de notre intervention. Assumons les moments où nous nous constituons "pairs" pour ces autres que nous allons accompagner.
Je m'éloigne un peu du sujet mais si j'aborde ce côté-là et que je fais le parallèle avec notre métier, d'abord c'est parce que je pense que vous avez vécu des choses similaires dans vos différentes expériences mais aussi parce que je pense que ce qui fait peur, dans toutes ces situations, c'est la perte de sa propre place. Le danger que représente l'autre n'est que la surface, la vitrine d'une crainte narcissique plus profonde, plus ancrée... qui, dans la société dans laquelle on vit, basée sur la compétition et la performance, crée de plus en plus de panique.

J'ai envie de dire à ceux-celles qui ont peur qu'en écrivant tout ça, ma colère se calme (un peu). J'ai envie de leur dire que leur réaction est certainement légitime, de leur position (légitimement ?) ethnocentrique. Mais j'ai aussi envie de leur dire de changer (juste un peu, allez...) leur regard d'angle de vue. De se mettre... allez, peut-être pas à la place du fou, mais à côté de lui. 
De se souvenir de tous ces gens qui ont dit "la personne qui m'a vraiment aidé dans mon parcours, ça n'est pas un médecin mais un gars que j'ai rencontré dans la rue/une femme qui m'a parlé de sa propre histoire/etc...". La fonction médicale, essentielle, n'est pas décrédibilisée car il y a tous ces gens aussi que personnellement, j'ai entendu dire "Depuis que je suis sous A., je vais mieux. Le médicament que je prenais avant avait trop d'effets secondaires, mon docteur m'a proposé A. depuis quelques mois et je me sens vraiment mieux" ou "Avec mon psychiatre, on a mis le doigt sur un élément de ma vie auquel je n'avais jamais pensé. Ça m'a beaucoup aidé."
J'ai envie de dire à ceux-celles qui ont peur que s'ils ne sont pas prêt-e-s à accepter tout de go la présence "d'étrangers" dans leur champ professionnel, qu'ils essaient juste un peu d'écouter/de voir/de sentir ce que ces autres inconnus peuvent apporter. De se laisser faire... un peu, pas beaucoup... mais ce sera déjà le début d'un dialogue humanisant. Parce qu'après tout, on devient éducateur/soignant parce qu'on est poussé par des motivations altruistes, non ? Parce que l'important dans tout ça, c'est l'autre non ? (si la réponse est non alors, passez votre chemin, nous ne pouvons plus rien pour vous).

Je me suis fait beaucoup enseigner par ces fous et ces folles que j'ai rencontré, collègues ou usagers peu importe... J'ai résisté au début, parce que c'est pas comme ça qu'on m'avait appris à l'école d'éducateur. J'ai été en "crise", confrontée à ma propre folie finalement... Après la crise, il y a eu la réflexion, l'écriture, mon mémoire comme outil de médiatisation entre mon "moi social" et mon "moi archaïque". J'ai pu alors entendre l'autre... pour de vrai cette fois. Dans une relation authentique. Écouter l'autre m'expliquer ce que ça faisait une bouffée d'angoisse ou délirante, une hallucination visuelle ou auditive, ce que ça faisait le froid qui s'insinue sous des haillons en plein hiver... puis le dégoût de la charité quand approchent ces absurdes fêtes de Noël qui n'existent que pour ceux qui sont au chaud, 
puis aussi comment la folie protège lorsqu'on vit dans la rue parce que personne n'ose approcher,
puis aussi comment ça arrive, cette insidieuse folie, en fin d'adolescence,
puis pourquoi on part de chez soi pour échapper aux persécutions,
puis comment on tombe.
mais comment on se relève aussi. Parce qu'après tout, c'est bien ça qui nous intéresse non ? Parce qu'après tout, rappelons-nous de regarder les aptitudes avant les difficultés. Comment ne pas voir cette p*** d'aptitude qu'a eu cette homme/cette femme à se relever de ce trottoir engorgé de folie ? 

Je n'ai pas renoncé au savoir théorique que j'ai pu acquérir dans les livres ou en formation. Je n'ai pas renoncé au savoir que peuvent m'apporter mes collègues soignants. Mais je l'ai complété avec le savoir que m'ont transmis mes autres semblables, ces fous que je n'ai pas envie de voir réduits au silence par une société craintive de l'autre.
Ces fous qui en savent bien trop pour qu'on les laisse s'oublier dans leur folie.
Ces fous qui savent mieux que quiconque ce que c'est, la folie.


A toi, Lana...


La fonction de pair-aidant pose question, et c’est normal. Qu’on ouvre un débat à ce sujet, c’est une bonne chose. Mais j’avoue être sidérée par le tour polémique que prend ce débat, par les accusations gratuites, la stigmatisation des usagers et le mépris envers eux qu’on peut lire dans différentes contributions, y compris et surtout par des professionnels de la psychiatrie.

Plus que sur la fonction de pair-aidant elle-même, c’est sur la vision des usagers de la psychiatrie que je veux réagir ici.

"Mais comment un malade peut-il conseiller un autre ? On met quelqu’un qui souffre un peu moins pour soigner celui qui souffre plus ? Et en plus on le paye ? ! Et dans cette formation de huit semaines (!), ils vont apprendre quoi ? Nous, on n’apprend pas notre métier dans la théorie mais face à la souffrance morale, le délire, l’agressivité. Et enfin, la réinsertion passe par les médecins, l’assistante sociale, les aides soignants. Et de vrais moyens."

Pourquoi un malade ne pourrait-il pas en conseiller un autre ? C’est ce que font les associations de patients, les forums internet, les amis qui partagent le même vécu, c’est ce que font entre eux les patients à l’hôpital. Depuis quand les gens ayant une expérience similaire ne pourraient-ils pas se porter conseil ? Mais peut-être faut-il comprendre que c’est impossible uniquement pour les patients en psychiatrie. Trop fous pour s’entraider, ne pouvant que s’entraîner dans la folie, sans doute.

En plus, on les paye. Eh bien oui, pourquoi un usager de la psychiatrie ne devrait-il être apte qu’à du travail bénévole ? Parce qu’il serait forcément inapte à un travail digne de ce nom ? Que le travail n’est là que pour l’occuper, mais n’a en aucun cas la même valeur que le travail de quelqu’un d’autre ?

La formation dure huit semaines. Est-ce tellement moins que les semaines consacrées à la psychiatrie dans les études d’infirmières ? Quant à dire que les soignants n’apprennent pas de théorie, un j’espère que c’est faux, deux est-ce quelque chose à revendiquer ? Je trouve ça plutôt grave. Et puis si on part sur ce terrain-là, c’est bien justement ce que revendiquent les pairs-aidants, avoir un vécu commun avec les patients, connaître la souffrance psychique et la psychiatrie de l’intérieur. Vécu qu’ils vont compléter avec une formation. Au-delà de ces questions, je trouve cette vision des usagers totalement réductrice et stigmatisante. Les usagers ne seraient que des fous, incapables de comprendre les autres, incapables de se former et arrivant comme des coquilles vides à ces formations. Mais les usagers ne sont pas qu’une maladie ! Certains ont des diplômes, des expériences professionnelles qui peuvent leur servir dans leur fonction de pair-aidant, une capacité à réfléchir, à se remettre en question et beaucoup connaissent déjà pas mal de choses sur la psychopathologie et la psychiatrie, parce que, tout au long de leur parcours, ils ont échangé, lu, appris. Ils ont donc une connaissance empirique mais aussi théorique, même si celle-ci est différente des soignants, qu’ils ne prétendent d’ailleurs pas remplacer.

Un soignant en psychiatrie dit: "Après le pompier pyromane, le prêtre pédophile, le flic ripou, voici le fou guéri qui soigne.
Quel pays de m… !
Comme si, parce qu’on a été malade à un moment donné, on ne pouvait jamais retrouver la raison. On ne pourrait que faire du mal en étant présent au sein d’une équipe soignante, être contre-productif. Un fou reste un fou à vie, c’est dit! Pas de rédemption pour les usagers en psychiatrie !

"En psy, vous ne guérissez pas mais vous vous stabilisez"

Ce n’est pas le cas pour toutes les maladies psychiatriques, et ça reste à prouver pour les autres. Mais quand bien même, le fait d’être "seulement" stabilisé nous empêcherait donc toute notre vie d’être digne de confiance ? Alors que bien souvent cette stabilisation s’est faite au prix de longues thérapies, de remises en question, de souffrances, de changements de point de vue sur la vie, etc. dont bien des gens n’ont pas fait l’expérience.

"On se moque des soignants. Je suppose qu’il va y avoir des démissions en masse à l’hôpital."

Pourquoi, pour les soignants, est-ce si dévalorisant de reconnaître l’expérience d’un usager ? En quoi est-ce une menace ? Il ne s’agit pas de les remplacer, mais de prendre en compte un autre point de vue que le leur. Pourquoi vouloir maintenir à tout prix une barrière soignant/patient ? Qui a peur d’être assimilé à l’autre ? Qui a peur de perdre son pouvoir ? Encore une fois, il y a ceux qui savent, les soignants et plus généralement les gens "normaux", et de l’autre ceux qui ne savent pas et n’ont pas droit à la parole, les fous. Alors, qui veut faire taire les fous ? La société ? La psychiatrie ? Les deux apparemment !

"Malheureusement le mot ‘aidant’ établit une hiérarchie entre une personne aidante donc supérieure et une personne aidée donc inférieure". Oui, dans la vie on est successivement en position haute ou basse (même si je n’aime pas ces termes), mais pourquoi seuls les soignants auraient-ils le privilège d’aider et donc d’être supérieurs ? En quoi est-ce plus grave si la personne qui aide a un vécu similaire à la personne aidée ?

On nous dit aussi que le pair-aidant ne connaît que sa propre pathologie et rien d’autre, qu’il ne pourra que la projeter sur les autres. Encore une fois, nous ne sommes pas incapables d’apprendre, ni en théorie ni en pratique. On peut, comme tout un chacun, remettre ses pratiques en cause, s’interroger sur ses relations aux autres. Les soignants ne sont pas nés avec ce statut particulier dans leurs gênes, et j’aimerais bien croire qu’aucun d’eux n’a jamais fait de projection ni souffert d’aucune pathologie mentale, mais ça fait un bail que j’ai perdu mes illusions d’enfant !

Quant à dire que les personnes souffrant de psychose n’ont pas conscience de leurs troubles, c’est plus que réducteur. Les personnes qui deviennent pairs-aidants ne sont évidemment pas des malades en crise, mais des personnes ayant de nombreuses années d’expérience de la maladie derrière eux, et cette maladie, ils la connaissent, ils en ont conscience, ils y ont réfléchi, ils ont des choses à en dire.

"Le-père-est-dent, mon ami ; quand va-t-il te dévorer ?": là, je suis carrément sans voix ! Surtout que, comme chacun sait, l’institution psychiatrique est dénuée de toute violence ! Le plus grand danger pour les patients serait les pair-aidants ? En ces temps de politique sécuritaire ? Enfin, ce n’est pas la première fois que les jeux de mots psychanalytiques me renvoient à un silence abasourdi !

Pour finir, cette accusation gratuite à propos des formations proposées par Psytoyens: "ça rapporte beaucoup toutes ces formations comme vous le savez". Alors que Psytoyens est une association sans but lucratif !

Bref, qu’on se demande ce qu’un usager peut apporter dans une équipe soignante, quels sont les avantages et les désavantages pour tout le monde, oui. Mais rejeter la fonction de pair-aidant parce qu’un fou ne serait qu’un fou à vie, incapable d’apprendre, dénué de toute autre expérience que sa folie, ne resterait pas à sa place d’ignorant face à ceux qui savent et ne mériterait pas d’être payé pour son travail, c’est de la stigmatisation, malheureusement égale chez les professionnels qui tiennent ces propos à celle qu’on voit dans la société tous les jours.

"Cette histoire me paraît complètement folle !", lançait abasourdi et scandalisé hier Pierre Tribouillard (FO Santé).

A moi aussi ! Mais ce qui me paraît fou, c’est ce dénigrement, ce mépris voire cette haine chez des gens censés connaître les gens souffrant de maladies mentales.

Les réactions dont je parle proviennent de ces deux articles:





C'est à vous !
  1. Oh secours !!!! Docteur, Toi qui a le savoir, soignes moi du mal dont tu ne peux en ressentir aucun effet puisque tu es en bonne santé dans ta tête mais dont tu sais tant de choses puisque tu les as lu dans les bouquins.....(et que tu as testé les effets médicamenteux sur les patients et analyser les résultats)

    Je n'aurai jamais envie d'être médecin, je n'aurai jamais envie d'être un aidant (je ne suis supérieur à personne).....j'aurai juste envie d'être un accompagnant....je suis passé par là et je sais de quoi je parle....

    Tous les sujets nous le rappel :
    Qui peut parler d'instinct maternel sans avoir eu d'enfant ?
    Qui peut parler de cancer sans y avoir été confronté ?
    Qui peut parler de froid et de faim, alors qu'il vit depuis toujours dans une cage dorée ?
    Qui peut comprendre un étranger qui vit en France depuis toujours et qui n'a sa place nul part, sans être sois même "l'étranger" ?
    Qui peut parler d'amour sans en avoir jamais reçu ?

    Nous parlons de transfert et de contre transfert....aurai je loupé quelque chose en pensant que si je renvoie et si je reçois de cette façon c'est parce que je suis Moi avec ce que j'ai vécu.....

    La connaissance, les livres, doivent nous apporter mais jamais s'imposer à nous comme seule valeur vraie.

    Restons ce que nous sommes avec ce que nous avons vécu et accompagnons l'autre grâce à ce qu'il est et ce qu'il a vécu.....ainsi nous nous apportons mutuellement.....

    Je suis l'autre parce qu'il est un peu moi, je suis moi et pas lui parce que nous sommes différents et pas complètement semblables...
    pourtant à y regarder de plus près, nous sommes tous Homme, Etre à part entière.....

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  2. Superbement décrit tout ça.
    Voilà, je ne suis pas forcément dans un élan d'écriture bien ficelé en ce dimanche après midi mais je le dis comme ça vient.
    Merci les filles de nous dire en ces mots (maux) car, en tant que pair professionnelle et pair humaine, je pourrais expliquer ma pensée à travers vos textes. Ils parlent simplement de ce que je ressens et je suis persuadée que des tas de personnes y seront cruellement sensibles.
    Avant de quitter le centre de formation d'éduc, on m'a demandé ce qu'il faudrait changer au contenu pédagogique pour l'améliorer.
    J'ai répondu que, pour moi, l'urgence serait de créer une instance (déjà dans les esprits et l'intention donc) pour que les étudiants (apprentis travailleurs sociaux dirais-je même) puissent exprimer toute l'ambigüité, l'arrachement, l'incompréhension parfois, le trouble souvent que l'on peut ressentir bouger, nous torturer de l'intérieur (et de l'extérieur aussi!!) au cours de cet apprentissage à l'Autre.
    Cela fait parti de l'essence même de cette formation d'après moi. Comment faire l'impasse d'un tel processus (essentiel au demeurant) quand on est soi-même,sensé réguler, médiatiser, écouter la détresse d'autrui??? C'est le coeur de notre travail et c'est cela la base de tout ce que nous sommes amenés à faire auprès de n'importe quel public.
    Alors, je le dis encore : Comment peut-on écouter quand on ne l'est pas soi-même? Que personne ne nous amène à le faire et à entendre pour mieux digérer ce que génère inextricablement les métiers d'accompagnement? Comment anihiler tout cela en interdisant l'expression écrite et orale à des êtres humano-professionnels qui seront censés accompagner des tas d'Autres en souffrance à dire et s'entendre dire ce qui les empêchent de vivre pour enfin comprendre ce qui peut les faire avancer?
    Coup de gueule bis.
    Mooi

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  3. Je suis bien d'accord avec cet écrit... les soignants sont bien sûrs indispensables pour le soin... je pense que des "pairs-aidants" devraient aussi être indispensables...

    j'ai eu l'occasion de voir au sein d'un service de post-cure psychiatrique une solidarité se mettre en place de la part de certains patients, solidarité spontanée avec des patients ayant des pathologies différentes mais qui ont su chacun leur tour s'apporter un soutien, une entraide, rassurer, montrer le chemin... le point un peu particulier : ils étaient amis. Certains sont "sortis de psy" et ont apporté un élan de courage, des repères, des astuces, de la chaleur humaine, ils ont su rassurer pour que d'autres "sortent" petit à petit... Aujourd'hui, sur ce cercle d'amis, il ne reste plus que 2 personnes encore hospitalisées bien parties pour en sortir aussi.
    Les autres sont dehors, vivent leur vie et lorsque ces amis se regroupent, il y a une osmose, un lien incassable, le lien d'un vécu, un lien fort qui vient de l'intérieur de chacun. Chacun est là pour autrui, c'est comme une famille et c'est tellement rassurant...
    Je fais partie de ce cercle d'amis, j'ai eu l'occasion de me transformer en "pair-aidant" sans formation avec ces amis, avec ma sœur encore aujourd'hui... C'est l'une des nombreuses raisons qui m'a poussée à entrer en formation d'éducatrice-spécialisée...
    Effectivement, j'ai le sentiment qu'il est mal vu d'avoir un vécu de "fou" lorsque l'on s'engage dans une formation soignante ou éducative. Quelqu'un il y a quelques mois m'a dit "ah oui, c'est l'habituel besoin de réparation" en me regardant de travers.
    J'assume mon vécu, ma position actuelle... Et je tiens à souligner le fait que peu de gens font l'effort de travailler sur eux-même comme le font les personnes dites "folles". Pour ma part, ça m'a permis de me connaître et comprendre un certain nombre de choses, avoir conscience de mes fragilités notamment. C'est aussi ce qui m'a permis de m'engager dans la formation d'ES. Je suis tombée au fond du gouffre et suis sortie de ce gouffre, c'est pourquoi je sais (j'en suis convaincue) que je suis capable à nouveau de rentrer dans ce gouffre pour aider d'autres personnes à en remonter.
    C'est pourquoi, je pense qu'un pair-aidant sait mieux que personne (surtout si il est sorti d'affaire ou "stabilisé) comment se sortir de là, comment tenir le coup, comment faire confiance et se faire confiance...
    Je pense que chacun peu apporter quelque chose à son prochain et je crois que certains soignants et éducateurs oublient parfois que l'on apprend de tout le monde, même des "fous" et que c'est ce qui fait la richesse des relations humaines aussi.
    Le seul bémol que j’émettrais sur le "pair-aidant", c'est d'être conscient de sa fragilité intérieure, de ne pas s'oublier à travers l'autre et de prendre soin de soi avant tout...
    Cela serait un beau métier et si ça pouvait casser les stigmates et stéréotypes que la société et les individus portent...

    [Sarah]

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  4. Merci pour vos commentaires qui amènent encore d'autres questionnements et démontrent toute la complexité de ces questions...

    Sarah effectivement, tu parles de quelque chose qui me tient à cœur de souligner souvent lorsque j'ai ce débat : pair/pas pair, etc... Je pense aussi qu'il y a quantité de gens qui ne disent pas, ne parlent pas de leur vécu mais préfèrent le garder pour eux, se former à être éduc ou autre... Ce sont des pairs silencieux en quelque sorte, qui dans leur pratique puiseront à l'intérieur d'eux-mêmes tout en s'appuyant sur leur formation.
    Et comme tu le dis si bien, la formation est un des outils pour "ne pas s'oublier à travers l'autre", ne pas penser la souffrance de l'autre comme la sienne, etc... je n'ai pas trop abordé cela car ça n'était pas l'objet de l'article mais c'est un bémol qui existe aussi chez les éducs/autres... et dont j'ai pu parler dans d'autres articles.
    D'où l'intérêt de la formation, encore une fois ;-)

    Merci à vous !

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  5. Part II

    En Angleterre, les usagers « advocates », de véritables médiateurs de santé indépendants, travailleurs caritatifs qui viennent travailler au sein des hôpitaux et autres lieux (prisons, postes de police, tribunaux dont tribunaux administratifs ou judiciaires etc.). Cette indépendance leur permet d’avoir une bien meilleure assise afin de soutenir, représenter et protéger les droits des patients, puisque tel est leur travail. Ces droits sont relatifs aux traitements, à l’information, à l’admission sous la contrainte, à la résolution de conflits, etc.).

    Quant à ceux qui nous pensent incapables de nous occuper des plus vulnérables parmi nous, sachez qu’il existe nombre d’expériences de par le monde qui marchent tres bien de lieux entièrement gérés par des usagers/rescapés dont les projets Soteria, des maisons de crise à Bradford (près de Leeds dans le Nord de l’Angleterre) ou la Weglauhaus, près de Berlin, fondée en 1996, etc. Si ces lieux, gérés donc par ces malades que certains déclarent incapables de s’occuper d’autres personnes, en crise ou autre, étaient une menace pour le bien-être des personnes qui viennent y trouver refuge, pour la société, pour l’institution même psychiatrie, il y a longtemps que cela se saurait, qu’ils auraient été dénoncés pour leur dangerosité et fermés.

    Ce qui n’est pas le cas de nombreux services psy encadrés par de « vrais professionnels » tout ce qu’il y a de plus qualifiés mais qui, pour certains, continuent de maltraiter nombre de patients de diverses façons, dont la maltraitance psychique (chantage, humiliations, privations etc.), les soins sous la contrainte défiant les termes même de la Convention des Nations Unies relative aux droits de la Personne Handicapée que, je le répète, la France a signée et ratifiée en 2010 (et l’union Européenne en 2011) etc.
    On peut donc imaginer des pairs-aidants, mais qui soient employés indépendamment de l’institution officielle et encadrés de telle sorte qu’ils puissent faire un réel travail de soutien dans le cheminement de recovery (qui n’est pas l’équivalent de « rétablissement », traduction erronée du français) de personnes souffrant de détresse psychique, au sein des hôpitaux comme dans la communauté.

    Anne-Laure Donskoy,
    Usagère chercheur activiste (UK)

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  6. Je m'excuse Anne-Laure. J'ai supprimé par inadvertance la 1ère partie donc je la recopie ici (heureusement j'en avais une copie dans mon mail) :

    onjour, commentaires en deux parties pour satisfaire la machine….

    Part I
    La position du mouvement usager anglo-saxon, qui est nettement plus composite que veut bien le croire Guy Baillon qui met tout le monde dans le même lot (voir ses déclarations sur Mediapart), a pris une direction différente. Nous préférons à l’intégration des usagers ou rescapés de la psychiatrie au sein des services classiques, la création de lieux entièrement dirigés par des usagers/rescapés de la psychiatrie ou en collaboration avec des professionnels mais où les usagers/rescapés demeurent en charge de la gestion du lieu. Nous avons aussi choisi d’exiger l’intégration des usagers et rescapés dans la formation de tous les professionnels de psychiatrie, y compris les psychiatres ; un vrai travail pédagogique et éducatif (pas question de faire dans « l’usager vient raconter son histoire »).

    Nous savons d’expérience que l’intégration des usagers/rescapés au sein des équipes classiques encourage les conflits d’intérêts et met l’usager/rescapé dans une position souvent impossible où il peut être manipulé par le « système ». Le fait même qu’il manque de clarté au niveau du terme employé pour designer ces postes est très parlant en soi. Il y a une différence énorme entre un « pair-aidant » et un « médiateur de santé » comme ils sont aussi parfois appelés. Dans les textes que j’ai vus, leur fonction serait aussi de jouer effectivement les médiateurs entre le patient et les soignants, l’aider à mieux comprendre l’importance de son traitement par exemple. Pour moi, ce sont là une position et un rôle intolérables, et potentiellement le sujet de manipulation de la part des équipes.

    Comment le pair-aidant, payé et encadré par l’institution officielle pourra-t-il garder son autonomie de pensée et critiquer celle-ci lorsqu’il sera témoin de maltraitance par exemple ? Qui le/la croira ? Vers qui ou quoi pourra-t-il/elle se tourner ? Quelles sauvegardes seront mises en place ? Le pair-aidant sera-t-il obligé de mettre en application les valeurs de l’institution ou de l’équipe, lesquelles peuvent tout à fait être en contradiction avec non seulement les valeurs du mouvement usager mais aussi le texte de loi qu’est la Convention des Nations Unies relative aux droits de la Personne Handicapée que la France a signée et ratifiée ? Quelle supervision clinique est-elle offerte à ce nouveau personnel et selon quels critères ? Ce sont là de réelles questions.

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  7. Salut Célia

    ça fait du bien de voir un(e) ES révoltée à coté des buses que je côtoyais juste avant qu'on ne me vire pour maladie grâce a de gentilles peaux de bananes bien disposées et à la solidarité bien connue des collègues( je suis ME depuis 25 ans)

    Marrant que je trouve sur ton blog la phrase de Kant que j'adore aussi et cerise sur le gâteau la citation du camarade Pelletier dont j'ai lu le livre d'une seule traite.

    Pour le vieil anar à la personnalité limite et désabusé que je suis c'est agréable de voir que je ne suis pas le dernier survivant d'une race en voie d'extinction .

    Je suis un dinosaure un mec qui croit encore aux valeurs républicaines de liberté d’égalité de fraternité et de solidarité , mais le monde des educs change et j'ai bien peur que le coté libéral du travail social ne l'emporte mais si des gens comme toi existent encore tout n'est peut-être pas perdu.

    Merci d'être ce que tu es

    gilles ( sur forum des educs spé : poil a gratter p- a t'on déjà papoté ensemble ?)

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  8. Bonjour Gilles et merci pour ce commentaire, qui me touche beaucoup. Je ne sais pas si je peux endosser ce rôle de "révoltée" que tu sembles me prêter... car forcément, comme tous les révoltés à mon avis, j'ai toujours l'impression de ne pas assez en faire/en dire.
    Cela dit, je suis contente que tu ais trouvé des références qui te parlent... Pelletier est un grand homme dont le discours mérite d'être connu par tous (et quelle verve !).
    Je suis contente aussi que des personnes comme toi soient lecteurs du blog, alors bienvenue camarade, ai-je envie de dire !
    Un des moyens que j'ai trouvé pour dire ma révolte est l'écriture... il en existe pleins d'autres !

    A bientôt,

    Célia

    PS : je ne pense pas qu'on ait déjà papoté, ça ne me dit rien...

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  9. Re. Je ne te place pas dans un rôle , je constate juste que comme de trop rares educs tu as la rage au cœur,et un autre point commun entre nous est que moi je partais très rarement du taf avec le sentiment de satisfaction au cœur.

    C'est ce qui fait la différence entre ceux qui exercent ce métier et ceux qui le vivent .

    D'ailleurs le mot métier ne me plait guère en ce sens qu'il ne rend pas vraiment compte de ce que représente pour certains d'entre nous l'exercice de cette activité professionnelle, mais je n'ai jamais trouvé de mot qui me convienne vraiment alors ........

    La phrase de Thierry qui moi me plait le plus et symbolise bien ce que je crois être le coeur de notre action est celle ci :
    "l'idée d'être payé pour ne pas laisser mon prochain dans sa merde n'est pas pour me déplaire. "

    c'est ici : http://pelletier.editionslibertalia.com/index.php/2008/07/29/1-un-dernier-pour-la-route

    Y'a juste un truc , le nom de ton blog vient de Rouzel je suppose mais moi je préfère dire qu’éducateur c'est un métier du possible devenir , malgré les temps actuels qui ne poussent guère a l'optimisme , c'est p-ê cela la révolte cette petite flamme qui malgré les tempêtes brule encore et tjrs .

    Allez je vais faire qqes fiches de films pour notre blog

    A bientôt

    gilles

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  10. bonjour celia
    alain pair aidant a Lille et en formation a paris,
    pair aidant silencieux? cela me parait difficile voire antinomique, mais c'est sur que bcp de travailleurs sociaux sont la car ils sont pairs d'une partie des personnes qu'ils accompagnent au mieux être voire au rétablissement ds certain cas. La pair aidance nécessite qu'on le dise qu'on le partage, le lien qui se crée est alors autre chose qu'une compréhension même très fine et très forte de la personne que l'on accompagne. C'est un mode d'accompagnement basé sur une méthode précise d'utilisation d'un savoir issu de l’expérience pour pratiquer des actes professionnels qui tous forment un socle de compétences que nous sommes, mes collègues et moi en train d’acquérir. Le tout mis en pratique dans la philosophie du rétablissement pour ce qui est de la santé mentale et forcément pratiqué en équipe pluridisciplinaire. Pour ma part je travaille ds un programme issu du rapport de ton ancien "directeur de stage" (Vincent Girard) appelé un chez soi d'abord dc ds le médico social et non ds la santé. Cela fait plaisir de voir des gens de terrain comme toi nous défendre, on en a bien besoin, même si on se répète tous que les peer support workers vont ds le sens de l'histoire, que le temps joue pour nous, ce n'est pas facile tous les jours.
    alors a bientot
    ps mon mail akarinthi@gmail.com si tu souhaites poursuivre la discussion plus avant

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    1. Merci pour ta participation, Alain. C'est vrai que tu poses la question du secret ou non du fait qu'on soit pair. Effectivement, c'est bien le fait de le signifier à l'autre qui vient établir un certain type de relation. Mais c'est important à mon avis de ne pas oublier qu'il y a des pairs "de l'ombre" ai-je envie de dire... car c'est le socle de l'éducation spécialisée. On se ment souvent à ce sujet-là.
      Comme toi, je fais partie du programme "Un chez soi" à Marseille, dans l'équipe dédiée (en congé parental pour l'instant) donc effectivement, je serais ravie d'échanger avec toi. On aura aussi certainement l'occasion de se croiser.
      carpaye.celia@gmail.com

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