5 janvier 2013

La farandole des souvenirs


Lorsque j'ai lancé le jeu des souvenirs 2012 sur Facebook, je pensais que c'était juste un jeu pour rigoler un peu. En fait, ça fait trois jours que je reçois des bouts de vous, des instants intimes de votre vie, des empreintes de vos ressentis et de vos souvenirs... Merci d'avoir osé, merci pour votre confiance, merci pour votre magie, merci. C'est un peu comme si nous avions fait une ronde, et c'est dans ces moments-là que je me dis "Les réseaux sociaux, c'est ce qu'on en fait".
En 2012, j'ai aimé très fort. Passionnément. J'ai râlé aussi. J'ai peu dormi et j'ai râlé encore. J'ai grossi et j'ai maigri. J'ai trouvé que le monde devenait fou et j'ai dansé pieds nus en fermant les yeux. J'ai accouché et j'ai aimé ça. J'ai regardé pleins de séries et j'ai mangé bio à donf. J'ai pensé devenir doula et j'ai découvert que j'étais devenue quelqu'un d'autre. J'ai essayé de devenir zen et j'ai recommencé à travailler. J'ai bu des bières et fabriqué du lait pour mon bébé, juste avec de l'amour. Mais pas en même temps promis. J'ai pleuré de tristesse et de joie, de nostalgie et d'amour, de fatigue et de fascination. J'ai ri très fort parce que c'est bon de rire à la renverse. J'ai trouvé que la vie était devenue plus douce et j'ai porté mon bébé en écharpe. J'ai souri un peu plus que d'ordinaire. J'ai dit aux gens que j'aime je t'aime. Ou je l'ai chuchoté, parce que c'est pas facile de dire je t'aime. J'ai brandi le pouce pour conjurer le temps qui passe. J'ai flippé grave et j'ai aimé ça. J'ai lu des livres qui parlent de bébés et des livres qui parlent de sexe. Mais pas en même temps. J'ai vu des films qui font rêver et d'autres qui font pleurer. J'ai fait des manifs et j'ai écrit un nouveau livre, découvert la fleurcup et utilisé des couches lavables. J'en ai eu marre d'être une éduc et j'ai voulu partir en mongolie. J'ai rencontré des gens extraordinaires et je me suis sentie bien. J'ai fait des trucs que j'avais dit moijeferaijamaisça. J'ai été hypomaniaque et j'ai eu pleins de projets, j'ai été déprimé et j'ai abandonné pleins de projets. J'ai dansé le flamenco et acheté un nouvel objectif pour faire semblant d'être une photographe. J'ai fait des trucs et des machins que j'avais pas prévu mais ce fut l'année la plus puissante, la plus intense, la plus jolie de ma vie.
Célia

En 2012, j'ai flirté pour la première fois avec le mot "cancer", et maintenant, je comprends à quel point la fameuse phrase "et la santé avant tout !" est plus précieuse qu'on ne le pense.
Aude

En 2012, j'ai donné la vie, j'ai aimé la vie, j'ai vécu LA vie, MA vie, SA vie et NOTRE vie, j'ai appris à vivre autrement. En 2012, j'ai de nouveau appris à aimer. Pas que je ne savais pas, mais autrement. En 2012, j'ai connu un accouchement avec des contractions sans douleurs et la plus belle cicatrice du monde, j'ai donné le sein, mon lait, moi quoi à mon enfant. En 2012, j'ai pleuré de joie, de bonheur et aussi de tristesse encore une fois dans la perte d'un être cher. En 2012, je suis retournée auprès de mes montagnes tant aimées, j'ai fait voyager mon fils à travers la France et j'ai revu des personnes qui me sont chères que le temps et la distance ne peuvent effacer de mon cœur. En 2012, j'ai découvert mon ebook, mon chéri a continuer à me gâter et j'ai patiemment attendu d'aller voir le hobbit au cinéma. J'ai aussi dévoré d'excellentes séries, mais surtout j'ai lu, beaucoup lu... Je pense peut être même avoir battu mon record personnel... Bref, en 2012 j'aime les gens comme toujours mais différemment malgré leur noirceur. En 2012, j'avoue sans mal que le monde me fait un peu flipper, que tout empire. Et pourtant en 2012, comme j'ai donné la vie, j'ai trouvé que de petites choses insignifiantes pouvaient tout changer : je m'extasie devant une poussée dentaire, devant un éclat de rire, devant un cri de rage et de frustration, devant la colère et le chagrin, devant la joie et l'amour dans le regard de mon fils. Assurément 2012 est mon année avec un grand A et désormais je sais que toutes celles à venir seront aussi riches de découvertes et de petits bonheurs comme celle-ci.
Amélie

En 2012, j'ai appris que j'étais atteinte d'une maladie auto-imune, j'ai pleuré, j'ai souffert, j'en ai voulu à la terre entière, puis j'ai accepté, j'ai apprivoisé ma maladie et j'ai appris à vivre avec... Et j'ai grandi !
Nancy

En 2012, j'ai pleuré de joie pour la première fois de ma vie en prenant mon ticket pour devenir éduc. J'ai fait des rencontres inoubliables qui me font me sentir moi-même. J'ai ressorti mon matériel de dessin et investi dans mon fish-eyes. J'ai déprimé plusieurs fois et les anciens démons sont revenus me titiller. J'ai senti la présence de mon ange gardien et je suis redevenue brune. J'ai dansé au LU et fait un pied de nez aux forces de l'ordre. Je suis tombée follement amoureuse, me suis cassée les dents mais j'ai appris que c'était possible de vivre des choses biens. J'ai vu Keny Arkana en concert et c'était vraiment magique ! J'ai grandi en faisant des choses dont je ne me croyais pas capable. J'ai appris à m'écouter. J'ai pris des tonnes de graff' en photo au risque de me faire bouffer par des molosses, et pff ce que c'était bon. Je me suis mise à lire des contes et j'ai appris à me "sophroniser". J'ai pris le temps de parler à ma soeur et ça nous a rapprochées. J'ai crevé deux fois et n'ai toujours pas appris à remplacer mon pneu seule. J'ai su dire non et stop, et ça soulage ! J'ai vu une vache mettre bas et c'était beau. J'ai tenté de vivre ce p***** de moment présent, mais qu'est-ce que c'est dur ! Je me suis tatouée à nouveau et ce n'est pas fini. 2012 a été l'année de la nouveauté, des peurs qui resurgissent, du futur qui se construit, des choses impossibles qui se réalisent. Ce fut pour moi une grande année !
Leïla

En 2012, j'ai fini ma formation et eu mon diplôme, j'ai rencontré de nouvelles personnes, de nouveaux professionnels, j'ai mieux appréhendé certains termes professionnels. Certains de mes amis se sont éloignés, d'autres se sont rapprochés. J'ai ri et pleuré de rire, j'ai vécu des tristesses et j'ai été triste... Des souvenirs sont revenus à ma mémoire, heureux, malheureux. L'amour a perduré dans ma vie, l'amour de celui qui partage ma vie, celui de mes proches, celui de mes amis... j'ai aimé retrouver ceux qui me sont proches, ceux que j'aime... ceux qui sont là bien au chaud dans mon cœur.
Roland

Moi j'ai aimé passionnément, à la folie je crois. J'ai aussi pleuré comme un gamin quand je me suis séparé puis remis en famille. J'ai voulu croire que c'était à nouveau possible mais ça parait difficile... 2012 a été extrêmement riche en émotions. Cette année, je me suis senti très vivant et en même temps, elle m'a beaucoup blessé... 2013, année de la reconstruction et de la nouveauté pour me diriger vers le métier d'éducateur...
Gaétan

En 2012, j ai fait un stage éprouvant, avec de belles et de moins belles rencontres. En 2012, j'ai écrit un putain de mémoire et quand je dis écrire, j'entends partager l'angoisse d'échouer avec les amis decouverts dans la promo, confronter les points de vue, craquer, tenter de se rassurer, re-craquer. En 2012, j'ai obtenu ce graal tant convoité me permettant de m'épanouir dans mon travail : le diplôme. En 2012, j'ai vécu quinze jours magiques avec des inconnus entre handicaps et forces, quinze jours de partage inoui. En 2012, avec un peu de chance, j'ai dégoté un job passionnant : nouvelle région, la vie active... J'ai gagné un salaire, des responsabilités, du savoir-faire. J'ai perdu de l'insouciance, de la folie, de l'étonnement. J'ai decouvert la vie à deux, la douce vie partagée. En 2012, j'ai pleuré de ces changements, de la fin dramatique d'une période bénie. En 2012, j'ai fait la connerie de croire qu'il fallait être adulte maintenant. J'ai re-pleuré de cette croyance infondée. En 2012, j'ai laissé un bout de moi derrière et j'en fais pas le deuil. En 2012, j'ai compris pourquoi on dit toujours "la santé surtout" en trinquant : quand elle décide de s'faire la malle, tout devient beaucoup moins facile à apprécier. En 2012, j'ai pris conscience de ma finitude et j'ai décidé de prendre soin de moi.
En 2012, il a été question pour moi de jongler et gérer le decalage entre les reussites objectives et le sentiment d'échec personnel.
2013 fais-moi vibrer !
Barbara

Cette année, je suis devenue grand-mère et même si je n'étais pas pressée parce que c'est un pas vers la vieillesse hein, c'est un cadeau formidable de la vie parce que quand je vois ce bout de chou sourire, marcher, manger, je me dis que rien de plus beau ne pourrait arriver. Parce que cette petite a remis le mouvement en route, m'a et nous a réconcilié avec ces sentiments que l'on croyait enfouis pour longtemps. Parce que j'ai vu des rires et des larmes et que c’était bon de ressentir à nouveau la vie chez nous. Parce que ces deux dernières années ont été pour moi et pour nous très difficiles mais constructives...
Dominique

Moi j'ai appris ce que le mot amour voulait dire, j'ai pris conscience qu'avoir un petit être dans sa vie était extraordinaire, je me suis senti légitime dans un un taf puis dans un second, je me suis senti aimé, j'ai cru que je ne savais plus rêver et un matin, j'ai eu le sourire aux lèvres car je me sentais plus léger, j'ai vécu de grands moments en 2012 mais j'attends de voir ce que va donner sa petite sœur... et surtout j'ai pu partager des débats et des discussions avec Célia.
Walid

Moi, j'ai cotoyé le meilleur comme le pire. Le meilleur a été de vadrouiller pendant un mois à travers l'Est des Etats-Unis et le Quebec où l'esprit de Jack Kérouac m'a accompagné et transporté. Le pire a été de pleurer sur la tombe de deux êtres chers partis durant cette année 2012. Durant cette année, j'ai retrouvé un travail d'éducateur et me suis prouvé que je fais ce métier pour la richesse qu'apporte la rencontre humaine. J'ai lu, écrit, jonglé, dessiné tout en allant me ressourcer dans les musées et en marchant au milieu de la nature. Et finalement, je me suis dit que la vie est belle à vivre car j'ai appris à vivre l'instant présent. Je me suis enfin détaché de ce que la société de consommation nous offre pour me tourner vers la philosophie afin d'essayer de combler ce vide de l'âme ressenti.
Bruno

En 2012 j'ai aimé et aimé encore de toute mon âme mon homme, ma famille, mes amis, en 2012 mes projets se sont réalisés, en 2012 j'ai dû faire le deuil du genre humain (de certains en fait), en 2012 d'autres humains m'ont rassuré sur le genre humain, en 2012 j'ai continué de croire, de faire et de m'engager, en 2012 j'ai atteint la sérénité de femme, d'adulte et d'Homme, en 2012, j'ai dit merci, et j'ai appris à ignorer ce qu'il fallait ignorer... En 2012, j'ai eu des poissons !
Camille

En 2012, je t'avais trouvé un prénom mais la nature en a décidé autrement. En 2012 j'ai pleuré, crié, hurlé, j'ai voulu tout casser, j'ai maudit. En 2012 j'ai trouvé un petit coin de paradis pour ma mère comme elle nous l'avait demandé. En 2012, je me suis battu tel Don Quichotte contre des collègues qui avaient oublié le sens de notre travail, contre nos décideurs qui ne savent pas ce qu'est notre travail ! En 2012, je me suis inquiété pour les jeunes de mon groupe, j'ai partagé des moments inoubliables avec eux, j'ai transmis, j'ai tendu la main, écouté, contenu, reçu de la colère, du désespoir, soutenu, j'ai donné à m'en faire mal (entorse de la cheville) et j'ai reçu aussi des bonnes choses... En 2012, j'ai couru, grimpé, marché, manifesté, voté, festoyé... En 2012, j'ai été de nouveau jury pour le DE et j'ai encore oublié d'envoyer mes questions à Célia... En 2012, j'ai partagé du bonheur avec mes amis et ma famille. En 2012, la mort a été encore présente, j'aimerais bien qu'elle me lâche un peu celle-là. Pour 2013, j'aimerais de la vie ! En 2012, j'ai failli retourner à la fac... En 2012, j'ai construit pour les autres, je me suis blessé, j'ai été interdit de meuleuse... En 2012 j'ai lu, regardé des séries, joué avec mon chat, fait du jardin, du bois, regardé les fleurs pousser, les abeilles butiner, cuisiné, bu des bons vins et des moins bons, été à des concerts (Skip the Use, quelle énergie !), écouté de la musique, beaucoup de musique, pris des photos un peu. Bref en 2012, j'ai vécu et appris beaucoup de choses sur les autres, sur moi. 2013 devrait être dans la continuité, avec un souhait que ma famille s'agrandisse au lieu de devoir dire au revoir...
Pierre-Yves

En 2012, j’ai dirigé. Pour la première fois. J’ai goûté aux responsabilités. J’ai vécu les échecs, les déceptions, les fausses-joies de projets qui n’aboutissent pas. J’ai également touché de près le rôle qui devait être le mien dans un collectif. Quand tout va mal. Quand quelqu’un nous quitte. Quand tout prend l’eau. Quand nous perdons pied. En 2012, j’ai trouvé des collectifs. Des équipes. Des gens qui ont envie et qui pensent à leurs collègues avant de penser à eux-mêmes.
En 2012 j’ai été surpris. Par des sourires, des mots, des actes. Dans le regard d’un enfant ou dans l’attitude d’un adulte, j’ai compris combien il était facile de réduire un « usager » à un simple objet justifiant de notre emploi. Mais cette humanité là que l’on a trop facile à nier, elle cherche à s’exprimer. Quand vous donnez un doigt, le bras vient avec. En 2012, ils ont voté, ils se sont exprimés, ils ont crié, ils n’étaient pas d’accord avec moi, et nous avons parlé. Nous avons décidé, ensemble…
Loïc

En 2012 j'ai voulu tout quitter, une certaine sécurité, pour retourner à mes racines. J'ai commencé à postuler, à chercher, parfois à passer des entretiens plus ou moins bien... A côté, j'ai passé le concours d'ES sans trop y croire, je précise que je suis AMP, et là, peut-être parce que j'y suis allée à la cool, je l'ai eu et mon foyer a accepté de financer ma formation. Donc depuis Septembre je suis en formation à Evry, c'est un peu dur de reprendre des études à mon âge et surtout beaucoup de remises en question je pense, par rapport à ma expérience et ma pratique professionnelle. Mais pour autant je ne renonce pas à mon rêve de retourner un jour à mes racines, chez moi, en Bretagne.
Laurence

En 2012, je me suis perdue, rencontrer l’autre m’a bouleversé, m’a touché, m’a bousculé et il y a eu de l'amour, des rires mais aussi des clash, des larmes, des souvenirs qui remontent… des questions, des doutes… j’ai beaucoup pensé, mes certitudes ont éclaté… j’ai été face à ma vie, à mon histoire, à ce que j’ai reçu, à mon cousin disparu, à la raison pour laquelle j’ai voulu entrer dans cette formation… J’ai eu envie de tout lâcher et puis une rencontre, un regard diffèrent qui me regardait vraiment et déclic je me suis lancée dans un voyage intérieur afin de mieux me connaitre et me laisser porter par le doute, par les émotions, par la tristesse, par la joie, par mon envie d’être enfin là !
Leïla

En 2012, j'ai redécouvert la rage enfouie en moi. Cette rage de mon adolescence, cette rage qui m'a animé tout au long de ma formation d'éduc, cette rage qui me donne la force et la chance de travailler avec des enfants en danger.
Mais en 2012 cette rage m'a emporté, dévasté j'ai donc choisi de changer.
En 2012 j'ai repris des études pour utiliser cette rage dans ma passion, mon métier.
Alors en 2012 je découvre, j'apprend, je comprend, je questionne.
Pour moi, 2012 aura été une année marquée par un sentiment de rage en espérant que ça provoque, en 2013, une année pleine d'inventivité.
Audrey

En 2012 j'ai eu la joie de pouvoir continuer de travailler avec des gens formidables alors que je voulais tout quitter.
Nanou

En 2012, j'ai découvert la foi, en 2012, j'ai aussi compris ce que voulait dire "être amoureuse", et ça m'a fait tellement peur que j'ai fui ! En 2012, j'en ai eu marre du travail social, de ses incohérences, de ce soi-disant bien-être des populations que je me suis demandée si j'avais fait le bon choix. J'ai découvert un peu l'Italie et j'ai eu envie de faire le tour du monde avec pour seul compagnon mon sac a dos. Je suis montée dans une limousine, et je me suis rendue compte que les amis se comptent sur les doigts d'une main. J'ai fait du tri, j'ai découvert la joie de l'indépendance et ses revers. Bref en 2012, je suis devenue un peu plus adulte !
Kinam

En 2013, j'ai pleuré bêtement en te lisant. Alors j'ai écrit moi aussi.
Parce que j'avais des choses à dire sur cette année 2012,
et que d'être lu par toi, qui ne me connait pas, ou anonymement sur ton blog,
ça m'a pas dérangé.
Merci, du coup.
En 2012, j'ai compris que j'étais comme tout le monde.
Qu'il y a des choses dont je ne suis pas plus protégée que les autres,
J'ai connu le vide...
j'ai piloté un avion. Deux fois.
Et j'ai fait une dépression. Neuf mois.
Un avant, un pendant et un après, pas encore tout à fait atteint.
Pour moi, 2012 a commencé en mai.
J'ai fait plein de choses « normales », qui ne m'ont pas comblé de bonheur.
Signer passivement un cdi.
Prendre un nouvel appartement.
Avoir une nouvelle voiture.
J'ai travaillé. Encore et encore travaillé.
C'est bien là ma seule ligne de conduite cette année.
On m'a beaucoup reproché de m'y enfermer.
Mais il m'a fait du bien celui-là, il a comblé le vide.
Je sais que ce n'est pas sain.
En 2012, je n'ai pas beaucoup pris soin de moi.
J'ai trop bu. Trop fumé. Pris trop de drogues. Pas assez mangé. Pas assez dormi. Pris trop de risques, en tous genre.
Je n'ai pas réussi à me pardonner, à assumer.
J'ai eu peur du vide qui m'a rempli.
L'absence, l'abondance du tout, du rien, la souffrance qui étouffe.
J'ai rempli des pages et des pages de petits carnets,
J'ai adoré écrire. Coucher mon mal être, sur des feuilles colorées.
Le 23 mai, j'ai avorté.
Seule, sur mon canapé.
2012 s'achèvera en janvier.
Au terme des neufs mois de l'enfant que j'aurai jamais.
Et j'entrerais peut être enfin dans l'après.
Anonyme

En 2012. En 2012, début janvier ça n’allait pas. Trop de remue-ménage, remue-méninge, les pieds au bord du vide, le cœur équilibriste, fildefériste. Je suis tombée, un peu, et la chute peut-être m’a réveillée vraiment. En 2012, j’avais décidé de ne plus fuir. D’affronter les démons. Ceux-là même qui revenaient. Alors j’ai arrêté de courir, sans but, sans sens. Petit à petit j’ai ralenti le pas. Et j’ai osé détourner le dos, les regarder en face, tous ces démons qui me suivaient, que je ne voulais pas voir. En 2012, j’ai continué à m’accepter un peu plus. En 2012, j’ai appris à m’aimer, j’ai appris à aimer. J’ai appris à me laisser toucher. Je me suis laisser fasciner par les relations humaines, plus encore que je ne l’avais jamais fait. J’ai appris que dans ce domaine plus on touchait du doigt une chose, plus on semblait en être sûr, moins cela était vrai. Il n’y a rien de plus insaisissable qu’une relation humaine. En 2012 j’ai découvert Lévinas et j’ai adopté sa pensée. En 2012, j’ai appris, réappris à sourire. A sourire vraiment, avec le cœur, sans nécessité. Juste pour le plaisir. Le plaisir d’être en vie. D’ouvrir les yeux chaque matin sur un monde nouveau, une infinité de possibles. En 2012, je suis tombée sur elle… en 2012, même s’il n’y a jamais de certitude, surtout en amour, en 2012 je suis tombée amoureuse. En 2012, depuis 6 mois il y a toujours un coin d’été dans mon cœur, dans ma tête. Avec elle, un peu plus, j’ai arrêté d’avoir peur, je fais des projets. Nous cheminons l’une à côté de l’autre, en s’écoutant, en se parlant, sans rien se promettre, en se laissant libre, avec des projets plein la tête et le cœur, en 2012 j’ai su aux côtés de qui j’aimerai vieillir. En 2012 j’ai aussi manifesté, crié très fort, je me suis indignée. J’ai laissé la colère au placard. On ne se sent jamais plus vivant que lorsque l’on se bat pour quelque chose qui nous dépasse, c’est aussi un peu pour ça que je fais ce métier. Parce que je ne le fais pas pour moi, même si cela vient bien sûr toujours satisfaire quelque chose chez moi. En 2012, enfin j’ai pris de bonnes résolutions :
- être heureuse (très important, et ça va mieux en le disant, parce que, zut, on a tous le droit d’être heureux, alors je me le donne ce droit)
- ne plus me prendre la tête pour des conneries qui n'en valent pas la peine.
- Être plus efficace dans mon taf, moins faire les choses à la dernière minute.
- Ne pas rester dans le rang. Très important ça ! Faire bouger les lignes, chacun à notre échelle parce que nous ne changerons pas le monde, mais nous pouvons tous changer la vie de quelques uns.
- Profiter de chaque jour, à fond.
Aurore

En 2012, j'ai eu des envies de tout laisser tomber et en même temps, j'ai vraiment eu la foi. J'ai cherché sans cesse à répondre à la question : d'où vient le désir de vivre ? Je me suis perdue et retrouvée. Le doute a été mon ami et par moment, je n'ai jamais été aussi sûre. J'ai réalisé que nous ne sommes pas grand-chose et en même temps juste assez pour revendiquer notre dignité. 2012 aura été une année mouvementée dans mon for intérieur, et l'année 2013 m'attend en me disant : alors ton désir de vivre ? Et bien je lui réponds déjà : je ne sais pas d'où il vient, mais quelle importance ! puisque je suis là...
Luisa

En 2012, j'ai douté, j'ai lutté, j'ai continué à aimer en doutant du pouvoir de l'amour, j'ai partagé, j'ai transmis, j'ai souri, j'ai voyagé, j'ai hûmé, j'ai souffert, dans mes tripes, dans mon cœur, en mon for intérieur, j'ai cherché mon phare de toutes mes forces, j'ai vacillé, à genoux, en vrac, j'ai pactisé avec le temps qui passe, j'ai pris conscience, repris mes esprits, me suis relevée doucement, j'ai cherché partout le sens des choses, j'ai été perdue, j'en ai voulu à beaucoup, mais que faisais-je, moi ? En 2012, j'ai continué d'exister.
Cécile

En 2012, ça a été la descente aux enfers... Lente, sans douleur au début, invisible mais bien présente. En 2012, j'ai approché mes limites, je les ai touchées. En 2012, je me suis crue capable de tout surmonter avec le bonheur qui m'entourait mais il se trouve que c'est en moi et qu'on ne se débarrasse pas de ça en claquant des doigts... En 2012, j'ai compris comment des personnes qui avaient tout pour elles pouvaient être malheureuses, ne plus avoir aucune envie de vivre. En 2012, j'ai compris à quel point la vie peut être difficile. En 2012, on m'a appris que j'étais dépressive et bipolaire à 20 ans.
Anonyme

2012 s’achève et quand je jette un œil par dessus mon épaule, je suis heureuse. Et fière. Fière du chemin parcouru, seule ou à plusieurs. 2012 a sans nul doute été une année de rencontres.
La plus belle, pour commencer. Une femme, qui était déjà la femme d’un autre. Je n’ai jamais été très douée en mathématiques, mais j’ai vite compris qu’1+1 ne pouvait pas faire 3. Elle aussi. Elle l’a quitté, elle s’est trouvée. Nous nous sommes trouvées.
En 2012, j’ai aussi rencontré la maladie. J’ai appris à vivre avec ma nouvelle colocataire : la sclérose en plaques. J’ai réappris à marcher, j’ai réappris à vivre. J’ai appris à prendre mon temps, j’ai suspendu ma formation. Je la reprends en septembre, sur mes deux jambes, la tête plus haute que jamais. Je serai éduc’, vous verrez.
Et pour finir, j’ai ouvert les yeux et fait de merveilleuses rencontres. A vous qui avez été là quand j’en ai eu le plus besoin, merci.
J’ai aimé 2012, j’ai aimé ce concentré de vie. 2013, me voilà !
Pauline

En 2012 j'ai eu l'impression que le monde tournait carré. En 2012 je ne me suis pas sentie en phase avec ce monde et avec moi-même. Des tas d'idéaux en tête, et je me suis sentie impuissante. En 2012, j'ai aussi préparé la plus belle fête de ma vie. J'y ai réuni tous ceux que j'aime, mais il manquait quelqu'un … Car en 2012 j'ai pleuré les absents, mais quelques petits êtres ont aussi rejoint cette Terre et m'ont donné le sourire. En 2012, une amie m'a permis de faire vivre ce désir de maternage qui s'est allumé en moi. En 2012 j'ai mangé du chocolat dans mon canapé. J'ai aussi mangé de la salade après être allée au sport. En 2012, j'ai pleuré. Devant ma télé, devant des images et des histoires, parfois vraies parfois fictives. Pleuré face à face avec le passé. En 2012 j'ai eu envie de vacances, j'ai eu envie de rejoindre ma région natale et mes proches. J'ai failli tout foutre en l'air, épuisée. En 2012, j'ai aimé et je l'ai dit. J'ai aimé et je l'ai tu. Parce que même en 2012, certains mots et maux ne sont toujours pas sortis. En 2012 j'ai essayé de créer du lien, j'ai pas toujours réussi. En 2012, la magie de Noël s'est emparée de moi, j'ai souri devant le sourire des enfants, devant la beauté des lumières. En 2012, j'ai voté, j'ai mangé, j'ai bu, j'ai construit, déconstruit, reconstruit. J'ai aussi contemplé le ciel, j'adore voir les étoiles briller et me sentir si petite sous le ciel immense… En 2012, j'ai re-re-revu Grease et re-re-relu Harry Potter. En 2012 j'ai changé de coupe de cheveux. Trois fois. En 2012 j'ai fait beaucoup de rencontres qui me marqueront à jamais. Et j'ai encore fait la connaissance d'une partie de moi-même. En 2012 j'ai eu envie d'un bébé, et j'ai du me résigner à attendre. Alors j'en ai profité pour trouver tout ce qu'on peut souhaiter et faire de beau pour son enfant, comme lui offrir une naissance sans violence. En 2012 j'ai fait des tas de trucs chiants et extraordinaires. En 2012, mon mari m'a supporté, aidé à ne pas me foutre en l'air. En 2012 pourtant, je n'ai toujours pas retourné mes chaussettes avant de les mettre au sale. En 2012 on m'a dit "arrête de rêver", et j'ai décidé qu'en 2013 je continuerai…
Anonyme

C'est à vous !
  1. Ce sont des témoignages pleins de vie et d'amour. D'humilité aussi, et d'émotions. Ces messages me font croire encore à la vie, croire en l'Homme, croire que des pensées, des actions sont encore possibles, et pas seulement seul. Merci pour ces belles parts de bonheur et de tristesse, ces parts de vie. Bonne chance, et ne survivez pas, vivez.

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