13 mai 2014

Les habitants voyageurs.

Image les habitants voyageurs


Chères lectrices, chers lecteurs, j'ai une super nouvelle à vous annoncer comme je le disais il y a quelques jours. A moins que vous suiviez mon espace Facebook, laissez-moi donc vous annoncer en exclusivité la sortie de mon nouvel ouvrage : Les habitants voyageurs. Chroniques de la folie en mouvement. Devrais-je plutôt parler de la sortie de "notre" nouvel ouvrage puisque nous sommes deux à avoir écrit ce livre : Raphaël Bouloudnine, médecin psychiatre et moi-même.
Ici, nous avons évoqué la folie, cette indésirable folie qui rend l’autre si proche de soi et si loin à la fois. Cette folie qu’on fuit parfois en détournant les yeux ou qu’on affiche sans pudeur dans les médias de masse. Cette folie qui interroge, fascine, terrifie.
Nous avons évoqué la folie. Mais pas la folie des fous qui font peur. Pas la folie des fous qui tuent. Pas la folie des fous qui, s’ils sont reconnus, le sont en tant que peintre ou photographe. Peut-être parce qu’ils n’existent pas, ces fous-là, ou peut-être parce que nous avons regardé ailleurs.
Nous avons évoqué une folie en mouvement. Une folie qui nous a transformés, qui a transformé le monde autour de nous et le regard des uns et des autres. Une folie qui ne peut se définir tant elle est singulière et mouvante. Tant elle ne dit rien de ce qu’est l’autre. Nous avons parlé de femmes et d’hommes dont l’une des particularités avait été de rencontrer la maladie mentale mais qui avaient surtout de grandes choses à nous raconter.
Ca a donné des histoires. Une histoire.
Avant-propos, p.16

Les habitants voyageurs, Chroniques de la folie en mouvement
Pour vous procurer l'ouvrage, cliquez sur l'image

C'est un livre qui parle de la folie.La folie des fous et des folles. Mais aussi la folie de professionnel.le.s qui ont osé détourner les pratiques usuelles du travail médico-social.
C'est un livre d'histoires.
Des histoires de vie, des récits, des bouts de pensée...
C'est un livre qui parle de voyage.
Un livre qui parle d'espaces de vie. D'espaces de soi.
D'espaces comme la rue, l'habitat collectif, le logement individuel.
Un livre qui parle des interstices aussi.
C'est un livre dans lequel on a eu envie de prendre des risques.
C'est un livre qui parle de travail social. De soin.
Mais pas que.
C'est un livre qui parle d'abord d'hommes et de femmes.

La quatrième de couverture
Il y a ceux qui sont fous parce qu'ils sont dans la rue, ceux qui sont dans la rue parce qu'ils sont fous, ceux qui peuvent se mettre à l'abri, ceux qui choisissent de voyager aux interstices des espaces de vie communément empruntés... Ce sont les histoires de Suzanne, Félicien, Sam et les autres que racontent ici Célia Carpaye, éducatrice spécialisée, et Raphaël Bouloudnine, médecin psychiatre ; des histoires ordinaires, des histoires de fous, des histoires qui affirment que le fou n'est pas toujours celui que l'on croit, des histoires qui parlent de frontières qu'on contourne pour mieux aller à la rencontre de l'autre. Des histoires qui fabriquent une histoire ; celle d'une psychiatrie hors les murs qui valorise des pratiques professionnelles innovantes allant à l'encontre du misérabilisme usuel qui entoure la maladie mentale. Les auteurs tentent ici de regarder les personnes avec leurs compétences et leurs savoirs, de rire quand il y a lieu de rire, de parler d'émotions vraies... Ils se refusent à la conceptualisation qui empêche la rencontre et acceptent l'inconfort et l'incertitude pour tenter la plus grande authenticité. Des maraudes de rue au programme Un Chez-soi d'abord en passant par l'hébergement collectif, les auteurs racontent ces espaces distincts et si proches pourtant, qui questionnent les problématiques actuelles du logement, d'autant plus quand elles sont aggravées par la maladie mentale. Dans ces expériences, et plus particulièrement dans le programme Un Chez-soi d'abord à l'oeuvre dans quatre villes de France, il s'agit de se décaler des considérations habituelles que sont les symptômes, les diagnostics et les traitements pour prendre à bras-le-corps la question de l'accès au logement pour tous, quels que soient le vécu et le degré d'exclusion des personnes. Juste pour donner une place de citoyen à ceux qui, au fil de l'histoire, ont été les plus exclus.

Le sommaire

Les avis
Lien Social, juillet 2014 : D’un côté une éducatrice spécialisée et un psychiatre. De l’autre, des malades mentaux bien repérés. Au milieu, un programme importé d’outre-Atlantique, housing first traduit en français par l’expression «  un chez soi d’abord  », favorisant l’accès au logement pour tous. Le résultat, c’est un livre quand même un peu déjanté, non par une quelconque confusion de ses auteurs, mais par leur volonté de nous faire plonger dans le quotidien des troubles psychiatriques.
On aurait pu avoir de savantes vignettes cliniques sur les épisodes de recrudescence d’un délire à mécanisme hallucinatoire et intuitif avec exaltation thymique et conduite à risque. Mais si «  la psychiatrie s’apprend dans les livres, être en relation s’apprend loin des livres  » (p. 80). Celia Carpaye, qui signe la chronique « La plume » de Lien Social, et Raphaël Bouloudnine nous entraînent à la rencontre de la folie, de ses manies, de ses lubies et de ses extravagances. On vit à leurs côtés le trouble, la déstabilisation, voire la panique qui s’emparent d’eux face à ces manifestations pour le moins étranges et décalées. On rit du cocasse de beaucoup des scènes décrites. Le sourire se fige face à la mort subite de certains de ces malades, épuisés par la vie. On ressent le malaise vécu et décrit avec beaucoup de réalisme. C’est Suzanne qui croit reconnaître sa mère, chaque fois que s’affiche l’image d’un mannequin sur Internet. C’est Fred parlant de son envie de voir sa famille qui refuse de le rencontrer. C’est Fernande passant son temps à remonter des bidons d’eau dans sa chambre au quatrième, n’ayant aucune confiance dans la pureté de l’eau arrivant à son étage.
C’est Adam ou Bob, selon l’identité du moment, qui soigne Xiphrène (schizophrénie) par la psychologie. Humour, tendresse et poésie sont les registres utilisés ici pour décrire un suivi à domicile qui alterne avec l’hospitalisation à la demande d’un tiers.

Jean-Christophe Contini, Janvier 2015 : De la belle ouvrage qui nous est offerte par ces récits d’histoires, la plus belle et pertinente méthode qui soit pour permettre au lecteurs d’avoir accès à cette activité particulière qui consiste à lancer, au moindre indice observé, ses filets dans les coins de rue où sont oubliés ou se cachent des êtres singuliers et tenter de les accompagner vers des rivages nourris d’un peu de chaleur et d’altérité en leur offrant un visage de réciprocité. « Brûleurs des frontières », les auteurs nous transmettent le cœur qu’ils mettent à l’ouvrage dans cet agir professionnel nomade, funambule et déstabilisant, où le doute n’est jamais loin et qui exige sans cesse de tresser des filets d’humanité, pour accueillir et recueillir les éclats d’âmes essoufflées.
Lire la critique intégrale dans Culture & Sociétés

"Dans un voyage, on évolue, on change, on se transforme. Et souvent, on rentre et tout est annulé par le retour. Il faut essayer de garder des traces"
Raymond Depardon, Errance, 2004 

N'hésitez pas vous aussi à me dire ce que vous avez pensé de cet ouvrage !
C'est à vous !
  1. En 2014 tu mets au monde 2 bébés. Quelle santé !

    Je compte faire l'achat de ton prochain ouvrage, pour au moins 2 raisons:

    -je suis ton blog depuis plusieurs années. C'est un endroit ou l'on trouve toujours de quoi se nourrir, réfléchir, et rester en mouvement. Cela a été le cas lorsque j'étais en VAE ES, et cela reste vrai maintenant que je suis diplômé. Ton ouvrage à venir, je l'attends donc avec impatience : une façon de continuer un lien un peu étrange avec quelqu'un que je ne connais pas mais dont je me sens proche professionnellement (vision de ce qu’être éduc peut vouloir dire, éthique, la personne comme sujet en mouvement, résistance...

    -Je travail dans un CHRS à Lyon auprès de personne en situation de précarité, de grande exclusion sociale. 'Les chroniques de la folie en mouvement', c'est une chose que je partage aussi au quotidien et qui m'intéresse particulièrement.

    Bravo à toi.

    JR

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    1. Merci pour ton commentaire JR ;-)
      J'espère que cet ouvrage sera à la hauteur et que nous aurons réussi à parler de santé mentale autrement que comme en parlent les pouvoirs publics ou les médias de masse.. En attente de ton avis, donc ! A bientôt

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  2. Félicitations pour ce beau travail, je lirais ton livre car ta " richesse humaine" me fait toujours chaud au coeur lorsque je lis tes articles; Il y aurait tant besoin de plus d'humanité notamment en unité fermée de gériatrie ou l'on m'autorise à travailler au compte goutte ! (art-thérapeute)
    Bonne continuation.
    Véronique ( mon blog: Art-thérapie, une aventure (sûre)humaine)

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  3. Tous simplement génial ce bouquin, il est à la fois touchant et drôle. J'ai adoré cette façon de raconter la folie tout en la rendant plus humaine, ça n'a pas dû être facile (en même temps, c'est jamais facile quand on bosse auprès de l'être humain!).
    Vraiment enrichissant tant par les différentes rencontres que vous avez pu faire, que par la capacité à prendre du recul sur vos propres affects.
    Merci et vivement le prochain.

    Petite question, est ce qu'il y a des AMP qui bossent dans ces lieux de vie?

    Jenny

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