29 mai 2017

Fragments d'un week-end d'écriture


J'étais confiante, j'étais tranquille. Ce qui devrait advenir adviendrait. Ce qui devrait être serait.
Tout était prêt. Le soleil. Les grenouilles. Les pinsons. Le café. Le thé. Les biscuits. Les feuilles. Les stylos. Mon cahier de consignes. Les livres. La paperasse.
C'était aujourd'hui, le week-end d'écriture tant attendu. C'était aujourd'hui que pour la première fois, je proposais un atelier d'écriture sur deux jours destiné à des professionnel.le.s, étudiant.e.s, bénévoles, etc... dans le domaine de la relation d'aide.

Elles sont arrivées, comme prévu, à l'heure prévue. Heidi, Cécile, Jennifer, Marine et Cathy. Nous ne nous connaissions pas. Elles ne se connaissaient pas. Nous avons osé, progressivement, pas à pas, écrire, dire, nous dire, dire l'autre. Nous avons osé partager. Donner. Recevoir. Poser en dehors de soi pour peut-être se libérer. Mais surtout prendre le risque de faire exister une parole, la sienne, celle d'autres, de ceux et celles que l'on n'entend pas.

Pendant deux jours, se sont succédées des consignes d'écriture sur le modèle suivant :
Proposition et explication de la consigne
Ecriture dans un temps donné 
Lecture de nos textes (sans obligation)
Echanges (selon l'envie, le besoin d'échanger)

J'avais donc préparé une sorte de "programme" d'écriture en partant de l'idée d'alterner les consignes "légères" et ludiques avec des consignes plus impliquantes. En effet, certaines propositions peuvent amener à une telle introspection que nous pouvons parfois être submergé.e par l'émotion. Ce qui n'est pas un mal en soi dans la mesure où cet espace se veut autorisant mais qui, du coup, demande certaines précautions. Quelques règles de base permettent ainsi de créer un espace bienveillant, soutenant et, ai-je envie de dire, enveloppant. C'est là d'ailleurs toute ma mission. Mon rôle n'est pas d'apprendre aux personnes à écrire, je ne suis pas nécessairement plus experte que les participant.e.s, je suis plutôt une sorte de fabriqueuse d'espace, espace de possibles où chaque forme d'écriture a sa place.

En m'appuyant sur les ouvrages Rencontres d'identités et Animer un atelier d'écriture pour tous ainsi que sur mon expérience des ateliers d'écriture, j'ai mis en place plusieurs principes pour structurer ces deux journées :
Proposer des consignes qui invitent à se libérer du mental pour être davantage dans les sensations, les ressentis, le lâcher prise. Très souvent d'ailleurs, j'ai pu parler d'écriture automatique qui, comme l'indique Wikipédia, "consiste à écrire le plus rapidement possible, sans contrôle de la raison, sans préoccupations esthétique ou morale, voire sans aucun souci de cohérence grammaticale ou de respect du vocabulaire". Il s'agit notamment de consignes amenant à la visualisation d'images, d'instantanés, de moments furtifs.
Proposer des consignes individuelles et collectives (exemple du cadavre exquis, des mots cadeaux...), les "jeux" collectifs étant souvent une merveilleuse et surprenante manière de parler de nos métiers.
Alterner les styles de consigne. La contrainte libère ; si nous avons une page blanche devant les yeux, il sera sans doute plus difficile de se lancer que si nous devons respecter quelques contraintes, des mots à intégrer, des bouts de phrase, un nombre de "choses" à lister, un thème d'écriture... Cela étant, selon l'état d'esprit dans lequel on se trouve à un moment donné, certaines consignes peuvent bloquer, il s'agit donc pour moi de tâtonner, parfois réajuster mes propositions pour que chacun.e puisse trouver son chemin.
ce qui m'amène au point suivant : Autoriser et encourager à sortir du cadre. La consigne n'est là que pour être une béquille, un point d'appui. Si l'écriture nous amène ailleurs, c'est qu'il fallait y aller, ailleurs.
Prendre des temps pour partager oralement et librement autour de nos pratiques, sans chercher de solutions ou d'interprétations mais juste pour échanger sur nos plaisirs, nos doutes, nos déceptions, nos questionnements.

Ce week-end d'écriture a aussi été l'occasion pour moi de travailler avec la compagnie Mirlitoons Cie qui a invité Laurent Rigaud à jouer sa conférence gesticulée "Le radis de Pâques de l'éducation" et que je vous invite vraiment à voir si vous en avez un jour l'occasion. Dans le cadre du week-end d'écriture, ça a été pour nous une excellente manière de rebondir sur certaines situations.

Donc pour finir, je voudrais dire un grand merci aux personnes qui ont participé à ce week-end et qui ont été pour moi de véritables rencontres : Heidi, Cécile, Jennifer, Marine et Cathy, un grand grand merci pour votre présence, votre confiance, et les risques que vous avez pris en osant poser vos mots sur du papier et les lire au groupe, merci pour vos apports respectifs qui alimenteront notre réflexion et nos pratiques. Merci à Marylène de la compagnie Mirlitoons et merci à Laurent Rigaud qui est venu de loin pour nous offrir un joli moment de plaisir-réflexion !

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C'est à vous !

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