29 juin 2017

Le jour où je suis devenue blogueuse professionnelle


Cet article sera le dernier de l’année scolaire en cours. En effet, j’ai décidé d’utiliser les deux mois d’été pour profiter de mes proches et prendre du temps pour moi, mais aussi réfléchir à ma vie professionnelle, et en particulier aux perspectives que j’avais envie de donner à ce blog. Je vous en parle dans cet article.

"Éducateur, ce métier impossible" a bientôt dix ans…
Oui oui, vous avez bien lu. Nous avons bientôt 10 ans… pour être plus exacte, j’ai posé le premier mot de ce blog en septembre 2008 alors que j’entrais en formation d’éducatrice spécialisée. Je me souviens très bien quel était mon état d’esprit à ce moment-là ; je venais d’entrer en formation après en avoir beaucoup douté. Je venais d’une formation commerciale, j’avais arrêté l’école quatre ans auparavant, et je pensais ne pas être à la hauteur du concours d’entrée. Ainsi, quand j’ai franchi les portes de l’IMF à Marseille et que j’ai commencé à écouter les formateurs, les collègues de promo, les différents intervenants, j’ai été tout de suite prise de passion et ressenti le besoin de partager ce que je pouvais livre, vivre, découvrir… D’ailleurs, vous souvenez-vous de l’aspect absolument mortifère de la première version ? Dans les marrons, orange, pas du tout professionnel, avec des illustrations tirées de Google Images ahah, quand j’y repense ! Depuis, les choses ont bien changé et je suis beaucoup plus à l'aise dans cet espace aéré et coloré (même si j'aimerais améliorer quelques petites choses encore).

Un petit bout de l'ancien blog

Il faut dire que j’ai toujours blogué… dans la droite ligne de ma propension à écrire, j’ai intensément vécu les premiers engouements autour de la toile (ça me rajeunit pas, n’est-ce pas !), déjà plus à l'aise derrière mon ordinateur ou devant une feuille blanche que dans la vraie vie (chacun.e ses névroses, ça va hein) ; je me souviens d’une période où je passais mes journées entre les Sims et la publications d’articles sur mon skyblog que je rédigeais en langage SMS (komça tavu). Je ne me souviens absolument pas ce que j’y racontais mais heureusement, mon dieu, ce blog n’existe plus (cherchez pas, ahah !).

Bref, tout ça pour dire quoi ? Que le blog « Éducateur, ce métier impossible », c’est quand même une sacrée histoire. Une petite chose qui a évolué en même temps que moi ; à la fois parce que j'ai vieilli ma vie a changé mais aussi parce qu’en expérimentant la posture de travailleuse sociale, j’ai conscientisé ma position dominante et que j’ai eu envie d’en parler, d’explorer les contours de la relation, de l’écrire ici ou ailleurs… Si au départ, je partageais des réflexions personnelles sur ma formation, mon expérience en stage, etc..., je me suis très vite mise à travailler autour de l’aide aux étudiant.e.s, à la fois par la publication de l’ouvrage Le guide pratique de l’éducateur spécialisé, mais aussi par la mise en place de fiches de cours ou de fiches de méthodologie ou encore en développant une activité d'accompagnement aux écrits… Mon souci dans ce travail étant toujours de donner accès à une multiplicité d’informations pour que vous puissiez penser votre pratique dans la complexité.

C’est aussi par mes chroniques dans Lien Social (enregistrées sur Le trottoir d’à côté) que je partage mes réflexions, coups de cœur et coups de gueule, depuis maintenant trois ans et demi. Et j'allais oublier, par la publication de mon deuxième ouvrage Les habitants voyageurs. Chroniques de la folie en mouvement. Que d’aventures, quand même ! J’ai moi-même du mal à réaliser tout ce qui s’est fait depuis 2008. Depuis tout récemment, on peut ajouter à tout cela des interventions ponctuelles auprès de salariées ou étudiant.e.s et la mise en œuvre d’ateliers d’écriture à destination de travailleurs sociaux, vous m’avez sans doute vu beaucoup en parler ces derniers temps, il faut dire que j’aime beaucoup ça !

Ca fait pas mal de choses tout ça, n’est-ce pas !


Et ce n’est pas fini…
Très souvent, pendant la vie de ce blog, je me suis dit qu’il était temps d’arrêter, qu’il avait fait son temps, que je devais passer à autre chose. Ca c’était avant, bien sûr, quand il n’était pas encore joli comme ça et avant que je réalise que ce que j’avais produit représentait une bonne masse d’informations, mais surtout que j’avais développé des compétences de pédagogie, de rédaction mais aussi de développement web, certes assez modestes mais me permettant tout de même de réaliser la refonte de ce blog quasiment toute seule. A partir de là, ayant pris un congé parental de trois ans suite à la naissance de ma deuxième enfant, ce blog a vécu - lui aussi - une sorte de deuxième naissance. C’est à ce moment-là que j’ai construit les fiches de cours, j’ai aussi commencé un projet d’écriture dont les quatre-vingt premières pages sont en train de croupir dans mon disque dur, j’ai eu au moins trois autres idées de livres, j’ai commencé à faire quelques médiocres vidéos, j’ai mis en place les ateliers d’écriture, bref cette période censée me permettre de me reposer à été très productive mais que voulez-vous… quand je me libère l’esprit, j’ai mille idées qui surgissent à la minute. C’est un grand travail pour moi que de les réfréner, que je réalise en m'octroyant des espaces d'épanouissement quotidiens (et grâce à mon bullet journal !).



En vérité, ce blog, je l’aime d’amour c’est mon lieu de travail, un lieu de travail pas si virtuel que ça, qui tranquillement au fil des années et des évolutions web, m’a amené à réaliser que tout cela était : un vrai travail. Avec des horaires définis, un lieu pour cela, des outils... la principale difficulté étant de définir les contours de cette activité pour ne pas laisser le travail empiéter sur ma vie familiale et personnelle. En effet, pendant très longtemps, mon activité de blogueuse se situait dans la partie "Loisirs/occupations" de ma vie. Ca n'a pas été simple, donc, de clarifier tout ça.

Mon congé parental s’est terminé le 30 avril dernier. Ma première démarche a donc été de chercher un travail à temps plein, en complément de mes 10h/mois dans un espace rencontre parents-enfants et mon travail d’écriture pour Lien Social. Très vite, j’ai réalisé que de nombreux freins se présentaient à moi :
Je vis en Ardèche. En ardèche, il y a des chèvres, des altermondialistes, des jolis paysages mais pas de travail ;
J’ai deux enfants, dont la plus grande finit l'école à 16h10 ;
Ne pas trouver de travail entretient un sentiment d’échec que je vivais assez mal ;
Je recherchais la perle des tafs et ne me sentais absolument pas prête à travailler en institution après avoir vécu l’expérience bouleversante du Un chez soi d’abord ;
J’ai bien pensé à ouvrir un lieu de vie avec des chèvres et des courgettes, genre séjour de rupture avec pédagogies alternatives à l’appui mais je ne me sens absolument pas les épaules pour monter ce genre de projets.

Après avoir considéré tout cela, j’ai aussi réalisé que vu mon rythme de vie, si je commençais à travailler à temps plein (ou même à temps partiel d’alleurs), c’était fini le blog, fini mes projets d’écriture (et je ne vous ai même pas parlé de mon projet de roman et de pièce de théâtre !). J’ai donc pris la décision d'assumer pleinement mes fonctions actuelles : Auteure, blogueuse, pigiste, formatrice/intervenante et d’abandonner mes démarches de recherche d’emploi d’éducatrice.


Et puis j’ai décidé de m’épanouir professionnellement…
Voilà, voilà, je suis vraiment très heureuse d’avoir fait ce choix. La perspective de travailler en institution, courir sans cesse, passer ma vie dans ma voiture ou les transports, ne voir mes enfants que trop peu de temps me rendait assez morose ces derniers temps et j’ai le sentiment qu’il me fallait transformer les choses pour me situer dans une dynamique créative et positive.
Nous passons pour la plupart plus de temps au travail qu’à la maison, donc personnellement, j’ai besoin de m’y épanouir. Aujourd’hui, la manière dont je m'organise est assez satisfaisante : je choisis mon rythme de travail (qui prend en compte le rythme de mes enfants ; c’est-à-dire que parfois je travaille 3h par jour, et d’autres fois, je bosse 10h d’affilée), je décide sur quoi et pour quoi je travaille, je peux travailler en pyjama (et me prendre pour Beyoncé entre deux tâches de travail, toi-même tu sais), je rencontre pleins de gens chouettes, je suis sans cesse en découverte, je nourris mon besoin de stimulation intellectuelle, je crée et puis…

… j’ai l’impression que ça sert à quelque chose. Quand je reçois vos mails, vos messages privés, vos commentaires, je prends conscience de l’intérêt de tout ce travail et j’en suis ravie, sachez-le !

Donc voilà, ce blog ne va pas s’arrêter, au contraire, je vais une fois pour toutes assumer son aspect professionnel et arguer que oui, c’est ça mon travail (entre autres) : blogueuse


Ce qui induit pas mal de choses, comme repenser mon organisation de travail (planning éditorial, toussa toussa... les coulisses du blog quoi) mais aussi et surtout gagner ma vie. Accessoirement, j’ai comme tout le monde besoin de me nourrir et nourrir mes enfants. Les questions d’argent sont assez tabous par chez nous mais je n’ai personnellement pas de souci à aborder ça avec vous. Aujourd’hui, je ne vis pas de mes multiples activités mais j’aimerais que ce soit un jour possible. Mon engagement dans ce blog est intense et il me semble normal que je puisse tirer un revenu de cette activité. En même temps, j’ai à cœur que ce blog reste gratuit et accessible dans sa majeure partie. Je vais donc profiter de ces deux mois d’été pour réfléchir à mes choix. Pour l’instant, je pense – en m'inspirant de mon amie Julie qui tient le blog Zunzùn – que je vais opter pour un système de don libre qui permettra aux personnes qui le souhaitent de soutenir mon travail à la hauteur de ce qu’elles souhaitent, et peut-être mettre en place une politique de monétisation si tant est qu’elle soit respectueuse de mon désir très fort de ne pas polluer ce blog de publicités intempestives.  Je vous expliquerais tout ça en temps voulu mais n'ayez crainte, ce blog gardera dans tous les cas son esprit actuel.

Me consacrer à cette activité sera aussi l'occasion de publier davantage d'articles de fond (j'en ai pleins mon disque dur, je vous préviens), terminer la mise en ligne des cours, être plus disponible aux mails que je reçois, etc...

Cet été sera donc dédié à la réflexion.
Cet été, je vais le passer d’abord avec mes enfants, mes ami.e.s, moi-même, profiter pour lire des romans, régler quelques détails importants de ma vie, sillonner l’Ardèche, nager, voir des films et des séries, envoyer mon peut-être-futur-premier roman à des millions de maisons d’édition mais aussi réfléchir à mes choix professionnels. Ainsi, vous ne me verrez pas trop dans le coin pendant ces deux mois, je ferais ma rentrée comme beaucoup d’entre vous ici en Septembre pour vous en dire plus sur l’avenir du blog. Je suis vraiment satisfaite de ce choix-là et ravie de pouvoir poursuivre l’aventure, j’espère que vous continuerez à l’être aussi !

En attendant, je vous souhaite un bel été, de belles rencontres, de l’amour, de la joie, la tête dans les étoiles, les pieds en éventail, ce que vous voulez mais : faites vous du bien !


C'est à vous !
  1. Bonjour Celia,
    je viens de trouvez ton blog au moment ou je dois faire un choix.
    je viens d'obtenir mon concours d'éducateur spécialisée suis très contente car c'est le travail qui correspond a ma personnalité.
    Le problème c'est que maintenant depuis peu je vis en couple. Et mon conjoint veux un enfant!!!!!
    Après avoir trouver ton blog je suis rassuré car j'aurai un site de référence.
    Mais je suis quand même très embêter qu'il puisse pas patienter 3ans,mais je le comprend aussi
    bon ravi de te rencontré
    amicalement

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  2. Hello, alors qu'en est-il de ta situation ? Pour de vrai je vis presque la même chose, je vais me lancer cette année dans la préparation du concours mais je ne sais pas si mon copain voudra attendre plus de 3 ans pour lancer le premier bébé ! ahah ! au plaisir d'échanger avec toi peut-être à bientôt, Jessica :)
    PS: je viens de tomber sur ton site Célia, donc je commence tout juste à le découvrir et j'apprécie déjà, je suis d'abord tomber sur la liste des écoles en faisant ma recherche sur google, cette année je commence une nouvelle vie à Marseille j'ai vu qu'il y avait une école là-bas ça tombe bien :) est-ce que tu sais si elle fait partie des "meilleures" écoles, s'il est possible de les classer bien entendu, je ne connais pas le milieu éduc spé encore, j'étais intéressée depuis longtemps mais je me sentais trop jeune et maintenant à presque 24 ans et après toutes mes expériences vécues avec les jeunes je me sens vraiment prête ! voilà, excuse moi pour ce message à rallonge ahah, je te dis à bientôt ! :D Jessica

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    Réponses
    1. Bonjour,
      Non je ne connais pas particulièrement les bonnes écoles, chacune à ses spécificités, ça ne fonctionne pas comme les écoles de commerce and co...

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